Scoth, Bagpipes, Kilt and Football - Episode 9 (Part Four)
Écrit par steph Hantastic   
 
le 25-10-2008 16:36
Retour en Ecosse, il était temps. L’automne est là, le scotch est de sortie lors de ses soirées toujours plus longues, raison de plus pour aller retourner gambader dans les Highlands. Nous avions laissé les Rangers dans l’euphorie d’une nuit catalane, une Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe à bout de bras, ceux-ci n’auront pas manqué de continuer à garnir généreusement leur épaisse bible. Faites de hauts et de bas, le maillot bleu toujours fièrement arboré et la générosité en bandoulière…

Who wants Supercup ?

1972, année de la première Supercoupe d’Europe. Remportée par l’Ajax Amsterdam, face aux Glasgow Rangers. Bien qu’en position de finaliste, il est toujours flatteur d’apparaître sur les premières lignes d’un palmarès. Toutefois, l’UEFA n’engage le tableau d’honneur qu’à partir de 1974. La raison est toute simple : les instances européennes ne reconnaissent pas cette édition entre écossais et hollandais. Ces derniers peuvent toutefois revendiquer la paternité de l’épreuve. En 1973, Waldell, qui venait tout juste de quitter ses fonctions d’entraineur, proposa de marquer le centenaire du club par un évènement original. Pourquoi ne pas organiser un match face à l’Ajax d’Amsterdam, l’équipe européenne au sommet de son art ? Une idée tombée dans l’oreille d’un journaliste du Telegraaf, basé aux Pays Bas. Afin de déterminer quelle était la meilleure équipe de l’année, les gratte-papier eurent l’idée de créer la Supercoupe d’Europe, mettant face à face les vainqueurs de la C1 et de la C2. Devant le refus de l’UEFA, le journal prend l’organisation à sa charge. Et devant un tel succès populaire, les instances acceptèrent finalement d’intégrer la compétition sous leur giron…

Toujours portés par cette incroyable aventure barcelonaise, les Rangers parviennent enfin à mettre fin à l’hégémonie nationale du Celtic en 1975, emmenés par Jock Wallace. Sous les ordres de l’ancien adjoint de Waldell, placé dorénavant en retrait dans l’organigramme du club, les bleus de Glasgow décrochent deux doublés championnat-coupe, en 1976 et 1978. Curieusement, Waldell reprendra sa place sur le banc cette même année. Jusqu’à sa mort en 1996, Wallace garda son secret quant à son éviction. Même si l’entente avec Waldell était pour le moins houleuse, le mystère demeure. Toutefois, les Rangers sont loin de se douter qu’ils ne décrocheront plus le moindre titre de champion pendant 11 ans…

Wallace laisse les manettes à John Greig, capitaine emblématique des ‘Gers pendant près de 20 ans et 498 matches. Malgré des débuts encourageants notamment sur la scène européenne (éliminations de la Juventus et du PSV Eindhoven), le club peine sur la scène nationale, barré par le Celtic, et plus surprenant par Aberdeen et Dundee. Ces derniers volent d’ailleurs un temps la vedette aux clubs glaswegian, avec leur « New Firm », opposant ces rivaux du Nord… Pour Greig, les temps sont durs. Débarqué en octobre 1983, son seul vrai coup aura été la signature d’un jeune loup écossais égaré du côté de Sunderland, un certain Ally McCoist… Et c’est là que revient aux affaires Jock Wallace, de retour au bercail après des expériences mitigées à Leicester et Motherwell. Tentant de donner un nouveau souffle aux Rangers, celui-ci échoue à nouveau dans sa quête pendant trois interminables années. Entre temps, Ibrox, désabusé, se vide : l’affluence est au plus bas, avec une moyenne annuelle de 17 700 personnes seulement. Wallace est éjecté de ce navire à la dérive en 1986, prié de laisser sa place à Graeme Souness. Le début d’une (nouvelle) période dorée.

Moustache gagnante

La légende de Liverpool, transfuge de la Sampdoria, débarque à Glasgow par la volonté de Lawrence Malborough, propriétaire du club. Loin de se contenter du banc, celui-ci chausse les crampons pour revêtir un rôle d’entraineur joueur finalement assez inattendu. Le nouveau coach innove, en  Recrutant quelques poètes en la personne de Terry Butcher ou encore Chris Woods arrivés d’Angleterre. Une révolution quand on sait que la plupart des talents du championnat écossais migrent habituellement vers la première division anglaise. La suspension européenne des anglais suite au drame du Heysel explique en partie ce phénomène. Et cela marche. La légende à la moustache ressemblance « Magnum » porte les siens vers le titre dès la première année, assorti d’une Coupe de la League face au Celtic. Cette première étincelle va provoquer l’embrasement de la galaxie Rangers, qui rentre alors dans l’une des périodes les plus fastes de son histoire sur le plan des résultats. Outre le talent de meneurs d’hommes de Souness, les fraîches livres sterling de Sir David Murray vient catalyser l’ensemble. Le 23 novembre 1988, l’homme d’affaires écossais rachète le club à Lawrence Malborough pour 6 millions de Livres. Les actions de Murray sont alors multiples : travaux de modernisation d’Ibrox, changement de la pelouse, et ambitions dans le recrutement. Qui commence par une onde de choc sur Glasgow, avec la signature de Mo Johnston, en provenance de Nantes. Seulement, l’ex canari devait initialement signer dans le club qui l’a révélé. A savoir le Celtic…Dans une improbable volte face, celui-ci appose sa signature sur un contrat à l’intitulé « Rangers ». Tollé général des deux côtés de Glasgow. Pour les fans des Hoops, la trahison est terrible. Johnston ayant été reçu lors d’une conférence de presse du côté de Celtic, clamant haut et fort : "Celtic are the only club that I want to play for...”. L’arrivée de “Judas” n’enchante pas non plus le camp Rangers. Première recrue de confession catholique, son arrivée provoque l’ire des fans, qui n’hésitent pas à brûler écharpes et abonnements en signe de désapprobation. Pourtant, Johnston ne manquera pas de soulever Ibrox en marquant 46 buts en cent apparitions sous le maillot des ‘Gers. Avant son départ pour Everton, début d’un déclin le conduisant vers la très freak MLS… Mais revenons à nos moustaches ouinneuses…

Dans le sillage de leur désormais nouveau sorcier, les Rangers partent pour un « nine a row » d’anthologie. A savoir neuf titres à la suite, de 1989 à 1997. Le Celtic peut ronger son frein pendant un bon moment. D’autant plus que les Rangers se régalent de quelques petits plaisirs supplémentaires, avec des Cups et autres Coupe de la League…Au delà de cette domination sans partage, c’est surtout le come back des Rangers sur la scène européenne qui marque les esprits. Après trois essais infructueux de 1990 à 1992 (échecs face aux Bayern, à l’Etoile Rouge de Belgrade et au Sparta Prague), c’est la nouvelle formule de la compétition qui semble inspirer les ‘Gers. Sans Graeme Souness, retourné du côté d’Anfield, sur le banc cette fois. Lui succède Walter Smith, ancien homme de l’ombre. Prêt à se lancer dans l’arène à l’assaut de la toute nouvelle Ligue des Champions…

Deux tours sont à franchir avant d’accéder aux phases de poule. Le premier obstacle s’avère modeste, avec les danois de Lyngby, battus 3-0 sur l’ensemble des deux rencontres. Avant « the Battle of Britain », face à la terreur Leeds United. Le premier acte d’Ibrox est dantesque. Une histoire de corners. McAllister, le capitaine écossais de Leeds ouvre la marque dès la première minute de jeu, mais Glasgow ne lâche rien. Ally McCoist et Lukic contre son camp offre un succès de prestige aux Rangers, bien conscients qu’il leur faudra sérieusement serrer les fesses du côté d’Elland Road… Et pourtant, les joueurs de Smith réalisent le hold-up : Hateley d'une magnifique volée, puis McCoist terrassent les anglais qui, malgré la réduction du score, ne reviendront pas. Les Rangers joueront la phase de poule face au FC Bruges, au CSKA Moscou et surtout, face à l’Olympique de Marseille…


The Battle of Britain

A deux pas de Munich...

Match charnière dans le parcours victorieux de l’OM, cette confrontation face à Glasgow reste dans toutes les mémoires. Un combat de tous les instants, sous une pluie battante dans un stade chauffé à blanc. Boksic, puis Voller permettent aux marseillais de mener 2-0, avant le début de la furie écossaise. McSwegan à la 76ème minute, puis Hateley six minutes plus tard ramènent les Rangers à la hauteur des Olympiens. Qui tiennent miraculeusement leur succès grâce au talent de Fabien Barthez, décisif à plusieurs reprises. Se quittant dos à dos, les deux équipes ne se lâchent plus jusqu’à l’ultime journée. Vainqueurs à Moscou, solides à Bruges, les écossais affrontent les russes lors de l’ultime journée pendant que Marseille se déplace en Belgique. Un but salvateur de Boksic d’entrée de jeu, couplée à l’inefficacité des attaquants de Glasgow dans leur antre d’Ibrox envoie les joueurs de Goethals à Munich. Pour les Rangers, le coup n’est pas passé loin. Cette performance de choix reste à ce jour leur meilleure performance en C1.

Bien qu’habitués à la compétition, les joueurs de Smith ne jouent plus qu’un rôle de faire valoir : éliminés par le Levski Sofia en 94, par l’AEK Athènes en 95, derniers de la poule en 96 (avec deux défaites mémorables face à la Juve), et encore à la même place l’année suivante. Ibrox y voit les Auxerrois s’imposer, chose qu’aucun club français n’avait réussie auparavant…
Pourtant, les atouts ne manquent pas. Portés par cette belle campagne européenne de 1993, quelques gloires du foot mondial viennent poser leurs valises du côté d’Ibrox : Basile Boli, Brian Laudrup, Paul Gascoigne, Joachim Bjorklund.... Malgré cela, l’Ecosse est à la traîne suite aux conséquences de l’arrêt Bosman. La série dorée des Rangers prend fin en 1997, après un neuvième titre remporté au nez et à la barbe du Celtic. Qui interrompt la série l’année suivante. Il va falloir à nouveau jouer des coudes avec le rival éternel …D’autant plus que Walter Smith quitte le club en 1998 pour aller monnayer son talent sur les bords de la Mersey, du côté d’Everton. Son successeur est une valeur sûre du football européen, le hollandais Dick Advocaat…
Publié dans : Les Dossiers, - Scotch, bagpipes, kilt & football

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