Scotch, Bagpipes, Kilt and football, épisode 8
Écrit par Steph 32   
 
le 13-12-2007 10:30
Retour à Glasgow. Terre brûlée. L’Ecosse a la gueule de bois. Mise KO par deux uppercuts de Toni et Panucci. Une fois de plus, des bandits italiens ont mis fin aux rêves de toute une nation. Pas d’Euro 2008 pour la Tartan Army, le prochain objectif sera d’aller décrocher un sésame pour l’Afrique du Sud. En attendant, Glasgow et le reste du pays reviennent à leur routine, et aux joutes de la Scottish Premier League Pour se « consoler », les nations britanniques viennent d’annoncer la création d’une compétition biennale. Si l’Angleterre ne souhaite pas se joindre aux ébats, les quatre autres pays vont concourir à partir de 2009 dans la toute nouvelle « Celtic Cup ». Vous avez dit « Celtic » ? La transition est toute trouvée. Si cela peut rassurer les Ecossais, son pays est toujours vaillamment représenté hors des frontières. La légende du Celtic Glasgow est toujours en cours d’écriture…


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Neil Young, Andy Warhol, Tim Hardin, Syd Barret, Billie McLein, Jim Morrison, Jimmy Hendrix. Cherchez l’intrus. 1967, année pop ; année Celtic Glasgow. Le monde entier se prend le « summer of love » en pleine face. Si la musique, voire la culture, peut marquer cette année d’une pierre blanche, le monde du football peut quant à lui y placer la sienne…blanche et verte. La symphonie des « Lisbon Lions » enfièvre le continent.

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Cette épopée tient en trois premières : première équipe écossaise, britannique et nord européenne à décrocher la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Avec Jock Stein aux manettes, l’armada écossaise dévore tout sur son passage. Dans des confrontations aux noms typiquement Kolbiens, le FC Zurich, le FC Nantes, le FK Vojvodine et le Dukla Prague explosent sous les coups de butoir des joueurs des Highlands. Mais il reste un cap à franchir, à savoir la mise à mort de l’infâme Catennacio, prôné par Helenio Herrera.

Et comme 1967 est décidément une grande année, éprise de justice romantique, Fachetti, Mazzola, consorts et leurs concepts, trébucheront dans cet Estadio National, à l’architecture so pop. Gemmel et Chalmers répondent à Mazzola et envoient le Celtic au firmament. Pour une première et ultime fois. Un morceau de bravoure pour une armada constituée uniquement de joueurs du cru. Stein s’exclamera peu après le coup de sifflet final :
"We did it by playing football. Pure, beautiful, inventive football."


Outre l’aventure des Lions de Lisbonne, les « Hoops » des Glasgow n’ont jamais réussi à confirmer ce superbe résultat continental au cours des 40 années suivantes. Hormis, en 2003, une nouvelle aventure achevée en terre ibérique, répondant au doux des « Bhoys from Seville ». Si Lisbonne a jadis sourit aux écossais, Porto ne lui fera pas autant de cadeaux.
Image Malgré le soutien inconditionnel de plus de 100 000 fans, les joueurs de la nouvelle étoile des bancs de touche, José Mourinho, rendront coup pour coup aux deux buts de Larsson, au terme d’un match comme seules les finales de Coupe UEFA savent nous offrir. Le dernier fait d’arme européen du Celtic. Car intro muros, le club n’est pas loin de la gloutonnerie…


Pour tout supporter du Celtic, chaque fin de saison présente une équation on ne peut plus simple. Hell or Paradise. Si les ennemis jurés des Rangers sont derrière, cela signifie que le Celtic Glasgow est champion national. Le Celtic Park peut éructer. « Welcome to Paradise » étranger…


Image Bienvenue au 18, Kerrydale Street. Face à nous, un haut mur de briques rouges, portant un intitulé des plus éloquents : « Celtic Football Club 1888 ». Le logo du club, trèfle à quatre feuilles, arrivé tout droit de la verte Erin, semble s’être écrasé sur un pan de mur, le gravant à jamais du symbole du club. Avant d’entrer dans l’arène, nous sommes déjà entré dans la légende. Le stade du Celtic est affublé de deux surnoms : « Parkhead », du nom du site où il se trouve, et « Paradise », en raison de la présence du « Janefield Cimetery » à quelques encablures de là. Tant qu’à placer un stade près d’un cimetière, autant lui attribuer une connotation paradisiaque, en ces lieux débordants de vie. Car le Celtic Park est certainement une des plus belles arènes mondiales…

La plus grande arène de Glasgow (60 832, deuxième capacité du pays derrière Murrayfield) a été inaugurée le 20 août 1892. Le club en deviendra le propriétaire en 1897. L’affluence record de l’arène date du jour de l’an 1938. Quoi de plus beau qu’une année commencée par un Old Firm devant 92 000 spectateurs ? Mais pour certains spécialistes, ce nombre est à revoir à la baisse, estimant que le stade ne pouvait contenir "que" 83 500 personnes…
Au cours des années, le Celtic Park subira de nombreux liftings, avec notamment l’ajout de ce fameux mur de briques rouges en 1988, l’année du centenaire. Aujourd’hui, les quatre tribunes qui composent le stade sont : « North Stand » et ses 27000 sièges (à elle seule plus grande que dix des stades de la SPL…) ; « Main / South Stand » de 7850 places, où est adossé le fameux mur ; « Jock Stein Stand », et son kop de 13 000 poitrines ; « Lisbon Lions Stand », réservé pour 13 000 spectateurs, dont les supporters adverses.


Si le stade est assez classique quant à son architecture, avec un mix parfait entre britannisme et modernité, c’est surtout l’atmosphère extraordinaire qui s’en dégage qui fait sa singularité. Cité en exemple, en particulier chez nos voisins d’outre manche, c’est de bruit, de chants, de clameurs, d’exaltations, qu’est née sa légende. Avec en point d’orgue un « You’ll never walk alone » n’ayant rien à envier à Anfield… A ce chant fabuleux, viennent s’ajouter d’autres hymnes : « This Land is your Land », « Celtic are here », ou encore le chant traditionnel irlandais « Fields of Anthery ». A vous filer des frissons dans tout le corps…racontent ce qui l’ont vécu…


« Fields of Anthery », que demander de mieux comme transition pour raconter les origines du Celtic Glasgow ? Qui dit Celtic, dit Irlande. Car c’est de l’autre coté de l’Irish Sea qu’il faut chercher le fondateur du club.


18 mai 1840, Ballymote, Irlande. Elizabeth Flynn met au monde le petit Walfrid ; un évènement dans ce petit village de la région du County Sligo, située au nord ouest du pays. Très vite, le jeune homme prend goût aux études. Si bien qu’il passe de l’autre coté de la barrière, en devenant enseignant au sein du « Marist Brother Teaching Order ». Mais en 1870, changement de cap, le frère Walfrid part à l’est, direction l’Ecosse et Glasgow. Là, il enseigne à la Saint Mary’s School, ainsi qu’au Sacré Cœur de la ville, dont il devient le directeur.


Image Mais c’est en 1887 que le frère va être l’instigateur de ce qui est aujourd’hui l’acte de naissance de l’un des plus fameux clubs du monde. Nous sommes le 6 novembre 1887, dans le hall de la Saint Marry’s Church. Généreux jusqu’au bout des doigts, Walfrid souhaite créer une équipe permettant de venir en aide à tous les paroissiens dans le besoin. Avec pour dogme, une « charte » baptisée « The Poor Children’s Dinner Table ». S’inspirant largement du club irlandais d’Edimbourg, les Hibernians, Walfrid proposent de baptiser la nouvelle formation « Celtic ». Cela pour souligner la relation fusionnelle entre les philosophies écossaises et irlandaises de l’équipe. Par ailleurs, la presse leur attribue le surnom de « Bold Boys », en VF, « les Braves ». Cette naissance donne le « la » quant à l’ascendance catholique du club. Un paramètre qui sera fondamental dans sa rivalité avec les Rangers…


Frère Walfrid oeuvra jusqu’en 1915 pour le ballon rond, date à laquelle il passa l’arme à gauche pour être à la droite de Dieu. Aujourd’hui, c’est de bronze et de granit qu’il veille paisiblement sur les fans entrant dans le Celtic Park…


Revenons en 1888, le 28 mai, date à laquelle le Celtic dispute son premier match face aux Rangers. Ces deux là ne se doutent pas qu’ils ne vont plus jamais se quitter. Pour la première manche, les verts et noirs d’alors l’emportent 5 buts à 2. Dans leurs rangs,  plusieurs joueurs des Hibernians. Et cela n’est pas sans conséquences. Car si le frère Walfrid pense charité, le bâtisseur écossais John Glass et le tailleur irlandais Pat Welsh pensent plutôt liquidités. Avec pour modèle le professionnalisme anglais, ces derniers décident de la jouer solo. Sans l’accord du bon Walfrid, ils signent huit contrats professionnels à des joueurs en provenance du club d’Edimbourg. Les Hibernians affaiblis, la voie vers les succès est alors royale pour le Celtic…


Plusieurs périodes sont à distinguer dans l’histoire du Celtic. Auréolé de titres, et extrêmement réguliers, certaines phases furent plus marquantes quant à la domination du club sur le foot écossais.


Image Un premier intercalaire est à insérer en 1897, avec l’arrivée de l’irlandais (fraîchement naturalisé écossais) Willie Malley, le premier coach de l’histoire du Celtic. Auparavant, le club aura décroché 3 titres de champions et 2 Coupes, un bilan plutôt flatteur pour une décennie d’existence. Mais ce bilan n’est aucunement comparable avec celui qui va rester 43 ans à la tête de l’équipe. Jusqu’en 1940, Malley va se bâtir un palmarès défiant toute concurrence.
Jean Michel Aulas n’a rien inventé. Ses six titres de champions consécutifs, ça n’est en aucun cas une première. Monsieur Malley peut en attester, ses « Hoops » règneront sans partage sur le pays de 1905 à 1910. Jusqu’à son départ, la vitrine se garnira de 16 titres et de 14 Cups. A cela, il faut rajouter le record d’invincibilité du football britannique, s’élevant à 62 matchs, du 13 novembre 1915 au 21 avril 1917.  Au delà d’un bilan comptable flatteur, c’est une véritable philosophie que ne renierait pas Arsène Wenger que coach Malley va mettre en place.


Son sifflet autour du cou, c’est à 29 ans que le bon Willie prend sa place sur le banc du Celtic. Enfin, plutôt en tribunes. Car Malley n’est pas vraiment un homme de terrain. Pas de travail avec son équipe durant les entraînements, pas de causeries avant et après les matchs, c’est sur un tableau que les joueurs découvrent leur titularisation ou non pour la prochaine échéance. De telles méthodes rebuteraient plus d’une vedette s’intégrant à l’équipe. Mais là est le trait de génie. Car à l’instar du coach alsacien de l’Emirates, l’entraîneur du Celtic ne façonne que des équipes de jeunes loups formés au club. Trois formations seront marquantes durant ces 37 années.

Image La première sera à l’origine du sextuplé du début du siècle, emmenée notamment par « The Icicle » (le glaçon) Alex Mc Nair, Jimmy « Napoleon » McMenemy, mais surtout par le canonnier Jimmy Quinn, auteur 216 buts en 331 matchs. Son ratio reste à ce jour comme le plus élevé jamais enregistré dans les statistiques du club de Glasgow. C’est durant cette période que le club adopte ses couleurs définitives, à savoir une casaque à rayures blanches et vertes, si caractéristiques.


L’équipe du record d’invincibilité sera celle de la période deuxième notable, toujours emmenée par McMenemy, ainsi que par Patsy Gallacher. « The Mighty Atom », irlandais de naissance, et grand père du célèbre Kevin Gallacher, présentait un handicap au niveau des membres inférieurs, le même qui rendra célèbre le brésilien Garrincha. Cela n’empêchera pas Gallacher de marquer 192 pions, ce qui en fait le sixième buteur de l’histoire du Celtic. Mais sa réalisation la plus célèbre eu pour théâtre la finale de Cup 1925 face à Dundee. Coinçant le ballon entre ses jambes, celui sauta à pied joints dans le but pour s’extraire d’une forêt de joueurs et marquer…Décidément atypique.

Image Entre temps, un drame viendra secouer les rangs de l’équipe, avec la mort du gardien John Thompson, mort à Ibrox, durant le Old Firm de 1931. Dans un duel avec l’attaquant des Rangers Sam English, ce dernier va bien involontairement lui fracturer le crâne d’un coup de genou. Sorti du terrain, un joueur des Rangers, diplôme de médecine, constate la gravité de son état. Hélas, Thompson décèdera le lendemain à l’hôpital. La nouvelle va bouleverser la ville, et plus particulièrement coach Malley. Peu de temps après sa mort, les fans du Celtic composeront une chanson en hommage au défunt portier, permettant de rappeler à tout les joueurs des Hoops leur engagement et leur amour envers leur maillot. « Soyez prêts à mourir au combat », tel pourrait être le résumé de « Johnny Thomson’s Ghost » :

« So come all you Glasgow Celtic
Stand up and play the game
For between your posts
There stands a ghost
Johnny Thomson is his name »


Pour en revenir à des faits plus heureux, la troisième escouade, emmenée par les deux Jimmy, Delaney et McGrory, remportera 2 titres (36 et 38), entourant une victoire en Cup en 1937. Ce même McGrory reste à ce jour le meilleur buteur de l’histoire du club, avec 472 réalisations.

Mais les vieux chênes sont parfois abattus sans remords. Approchant les 70 ans, le club annonce que Monsieur Malley se retire en ce mois de février 1940. Une version contredite par l’intéressé, s’estimant poussé vers la sortie par le comité directeur. C’est sur une note faussée que s’achève cette période dorée du club.
 

La nuit recouvrant l’Europe à partir des années 40 empêche la tenue de toute épreuve sportive de renom en Ecosse. Le Celtic rentre en veilleuse, avant de ressurgir timidement durant les années 50. Se heurtant alors à la domination des clubs d’Edimbourg et aux Rangers, les Hoops ne décrochent « que » deux Cups et un titre. Le seul fait marquant de cette période est la victoire en finale d’une tournée britannique, la « Coronation Cup » organisée pour le couronnement de la reine Elizabeth II. Les meilleures équipes d’Angleterre et d’Ecosse s’y affrontent. Et le 20 mai 1953 le Celtic remporte le tournoi contre Hibernians 2-0 devant plus de 117.000 personnes à Hampden Park. Mais pour se qualifier pour la finale, le club du se défaire Arsenal et Manchester United. Autre fait marquant en 1957 : le Celtic écrase les Rangers 7-1.

Il n’y a pas grand chose d'autre à signaler sur cette période, qui se résume enfilade de succès erratiques. La renaissance surviendra au milieu des Sixties, avec pour apogée, l’aventure des « Lisbon Lions ».


Image 1965 voit la passation de témoin (de banc plutôt) entre Jimmy McGrory et Jock Stein. L’ancien brassard du club, capitaine lors de l’aventure Coronation Cup, n’est pas pour autant un novice des bancs de touche, ses précédentes expériences avec Dumferline et Hibernians ayant laissé entrevoir son talent de coaching. Mais, petit évènement finalement bien dérisoire en fin de compte, il s’agit du premier coach non catholique du Celtic. Une anecdote au regard de la contribution apportée par celui qui reste aujourd’hui comme un des plus fameux entraîneurs scottish…

Au delà de multiples trophées brillamment décrochés, c’est surtout la fameuse épopée de Lisbonne qui reste comme le sommet de la période « Stein ». Peu après le match, Bill Shankly adressa ces quelques mots à Stein : « John, you’re immortal now ». Immortel, et surtout irréel quand ses protégés remportèrent neuf fois d’affilée le titre de champion national, assorti de 5 Cups et de 2 League Cups. Et sur le continent, le Celtic se maintiendra longtemps en haut de l’affiche, échouant en finale de C1 face au Feyenoord en 1970…à Milan, et en demies en 1972 et 1974.

Image C’est alors l’époque des romantiques : Bobby Lennox, le buteur fou, la légende Kenny Dalglish, Bobby Murdoch, mais surtout Jimmy « Jinky » Johnstone, élu en 2002 « meilleur joueur de l’histoire du Celtic » par les fans. Une somptueuse carrière, bien que discrète en sélection, et surtout un fort caractère, à peine voilé lors de l’évocation du jour de gloire de 1967, quelques instants avant de rentrer dans l’arène…

« Ils étaient tous là : Facchetti, Domenghini, Cappellini, Mazzola ; ambre solaire, sourires carnassiers, cheveux gominés. Tout droit sortis d’un film de Cesare Romero. La beauté en short. Mais nous, nous n’avions ni sourire, voire ni dents comme Bobby Lennox, et étions gaulés comme des brindilles. Les Italiens nous ont bassement regardé, nous leur avons répliqué par des grimaces. A cet instant, nous devions ressembler à une troupe de cirque. »

Suite à cela, Johnstone et Bertie Augs entonnèrent « The Celtic Song », suivis par leurs compagnons. Les Italiens furent stupéfaits…


L’épopée Jock Stein se termine en 1975, suite à un accident de voiture. Sérieusement blessé, celui-ci doit laisser sa place à Sean Fallon durant un an, avant de revenir aux affaires. Las, fatigué, Stein laisse définitivement sa place en 1978 à Billie McNeill. Un court intermède à Leeds United, et le voilà à la direction de la sélection écossaise, en quête d’une seconde jeunesse. Menant l’équipe nationale au Mundial de 1982, Jock Stein semblait bien parti pour rééditer son exploit quatre ans plus tard. Mais le 10 septembre 1985, au terme d’une victoire à Cardiff envoyant les siens au Mexique, il tomba, juste après le coup de sifflet final. Lâché par son coeur, à 62 ans. Terrassé par une attaque, un style qu’il avait toujours prôné…


Fin des années 70, voici l’avènement de Billie McNeill. Et le moment pour le Celtic de rentrer dans le rang, malgré l’avènement du buteur. Du moins au niveau européen, car au niveau national, les résultats sont toujours là : 2 titres, 1 Cup et 1 League Cup, le bilan est flatteur. Mais en se heurtant au comité directeur, notamment au sujet des transferts, l’ancien capitaine des « Lisbon Lions » quitte le club en 1983. Mais nous le verrons, l’histoire d’amour avec le Celtic ne sera pas pour autant terminée…


Le relais est transmis à David Hay, qui va rester quatre ans en poste. Qui va être le dépositaire du « suspense à la sauce Celtic ».
Premier acte en 1985, à l’occasion de la 100ème finale de la Coupe d’Ecosse. Menés à la mi temps, les Hoops parviennent à renverser une situation bien compromise par l’intermédiaire du duo Provan / Mc Garvey. Mais c’est surtout le titre de 1986 qui est encore aujourd’hui dans toutes les mémoires. A l’orée de la dernière journée, la donne est simple : pour être sacré, le Celtic doit s’imposer par trois d’écarts à Saint Mirren, tout en espérant une défaite des Hearts. Et l’impensable se produit. Dundee bat le club d’Edimbourg, tandis que les verts et blancs se baladent du coté de Paisley. Une fête mémorable s’en suivit du coté de Love Street. Cela n’empêchera pas le départ de David Hay, laissant son fauteuil à..Billie McNeill. Le retour de « César » s’effectue en grande pompe…


1988, le Celtic rafle tout. Les titres majeurs, une belle série de 31 matchs d’invincibilité, on se dit que la machine va repartir pour des années de succès. Mais cela n’est que qu’un feu de paille. Seule la Cup 1989 viendra égayer de mornes saisons, le club se faisant également balayer sur la scène européenne. Et cela va durer jusqu’en 1998. Dix ans d’une grande instabilité, avec une valse d’entraîneurs impropre à la l’histoire du club.

N’ayant connu que huit managers en cent ans d’existence, le Celtic va voir défiler successivement Liam Brady, Lou Macari, Tommy Burns et Wim Jansen, ce dernier réussissant dans sa quête du titre écossais. Retour sur dix ans de chaises musicales.


Image Joueur légendaire d’Arsenal,  et de son équipe nationale, l’irlandais Liam Brady débarque au Celtic Park précédé d’une flatteuse réputation (en dépit de son surnom « Chippy », dû à son gout prononcé pour le « Fish And Chips »). Durant deux ans, seule une finale de Coupe de la Ligue sera à noter au palmarès des Hoops. Devant une telle indigence de résultats, le public s’impatiente. Et c’est une petite escapade suisse du coté de Neuchâtel qui va sonner le glas de l’ère Brady. Humiliés 5-1, le manager irlandais est prié de faire ses valises après le match retour, remporté tout de même 1-0. Le comité directeur fait appel à un joueur du cru, Lou Macari, pour prendre les rênes de l’équipe première.

L’ancien joueur de la Tartan Army, membre de la sélection honteusement défaite lors du Mondial 1978, ne coachera que 25 matchs pour le Celtic, le temps de terminer la saison 1993-94.


L’intersaison 1994 est sujette à de multiples bouleversements au sein de l’organigramme du club, ayant accumulé un déficit de 5 millions de livres. Le sauveur se nomme Ferguss McCann. Cet homme d’affaires canadien d’origine écossaise a fait fortune dans le développement de centres de vacances dans l’Arizona et à Montréal, avec pour principale activité la pratique du golf. Rachetant 51% des parts du club, McCann remet les finances à flot et ce lance dans un plan de rénovation du stade, entamé en 1995. Coté sportif, celui-ci place à la tête de l’équipe première.Tommy Burns, jugé apte à contrer l’insolent hégémonie des Rangers…

Apposant rapidement une griffe racée et chatoyante, le coach du Celtic permet aux fans d’espérer. Mais bien jouer ne suffit pas. La Coupe d’Ecosse 1995 ne suffit pas non plus. Et surtout, ne pas contester la domination des Rangers est une faute grave. Après trois saisons, Burns est débarqué, et tout son staff avec. C’est à la surprise générale que débarque Wim Jansen en 1997. Pour l’occasion, McCann décide d’opérer une cassure inédite dans l’histoire du club : les postes d’entraîneur et de manager seront dorénavant distincts. Jock Brown occupera la place de manager, laissant la gestion des chasubles au hollandais.


Image De prometteuse, cette association va se révéler explosive, les deux hommes n’arrivant pas à s’entendre. Ce duo implosera au bout de seulement une saison, en ayant toutefois réussi deux coups de maître : d’une part, reconquérir le titre échappant au Celtic depuis dix ans, mais aussi permettre la venue de celui qui va rester comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire du club. Le transfert du suédois Henrik Larsson sera favorisé par la parfaite connaissance de Jansen du club de Feyenoord. Natif de Rotterdam, ce dernier a entraîné de longues années le club et donc facilité l’arrivée de la perle aux dreadlocks…


Image Demandez à n’importe quel fan du Celtic son avis sur Larsson et observez ses yeux. Sans qu’il ait le temps de prononcer la moindre parole, vous aurez déjà tout compris. Coté statistique, le suédois possède un rapport apparitions/buts tout simplement ahurissant : 221 matchs joués, 173 buts ! Et cela en sept saisons… L’histoire retiendra pourtant les débuts difficiles du joueur : auteur d’une passe cacahuète, celui-ci permit au joueur d’Hibernians Charnley de marquer et permettre à son équipe de remporter la partie. Sceptique au départ, le public de Celtic Park va tomber amoureux du suédois, lui attribuant le surnom royal de « King of Kings ». Freiné dans son ascension par une impressionnante fracture du tibia lors de la confrontation face à Lyon (une image choc assurément), Larsson va prendre son envol sous l’égide de Martin O’Neill. En décrochant notamment un « Soulier d’Or » en 2001 (récompense décernée au meilleur buteur européen tous championnats confondus) avec 35 réalisations. Il contribuera aussi grandement à l’épopée des Bhoys de Séville, marquant deux fois en finale. Seul étranger du Hall of Fame du Celtic, c’est avec des regrets éternels que son départ est célébré pour le FC Barcelone. Joueur de talent doublé d’un homme exquis, Larsson a bien mérité son entrée dans la légende du club.


Mais un autre homme est à mettre au crédit du renouveau du Celtic. Martin O’Neill prend ses fonctions d’entraîneur en 2000, après deux années de remue ménage incessant au sein du club…


Suite au départ de Jansen, le slovaque Jozef Venglos est catapulté à la tête de l’équipe, contre la vindicte populaire. Une fin de saison 1999 catastrophique, et le voilà débarqué seulement un an après son arrivée. En ces périodes d’instabilité chronique, la saison 1999-2000 fera date. Pourtant, ce sont deux légendes qui débarquent du coté de Glasgow, à savoir Kenny Dalghish et John Barnes, respectivement en qualité de coach et de manager. Sauf que pour Barnes, il s’agit ici d’un dépucelage dans le métier. Outre une campagne européenne rapidement achevée du coté de Gerland, et l’impossibilité de suivre la cadence imposée par les ‘Gers, c’est la date du 8 février 2000 qui va précipiter la chute du duo…


Image C’est une équipe quelque peu pataude qui se présente sur sa pelouse pour le compte du troisième tour de la Scottish Cup. Face à eux le petit club du Inverness Caledonian Thistle, fraichement crée et ferraillant en 2ème division. Malgré la présence de quelques pointures sur la feuille de match (Ian Wright, Mark Viduka, lubomir Moravcik), le Celtic ne fait pas l’unanimité ces derniers temps. Mais bon, ce match face à Inverness s’annonce tranquille. Et c’est devant un stade à moitié vide que les visiteurs vont s’imposer 3-1. L’orage ne tarde à s’abattre sur John Barnes.
 
"Supercaley go ballistic, Celtic are atrocious", tel est le titre du Sun au lendemain du match. Suite à la plus grosse humiliation de l’histoire du club, Barnes est débarqué de ce qui restera jusqu’à ce jour son unique expérience d’entraîneur. Dalghish termine tant bien que mal la saison. L’arrivée de Martin O’Neill va mettre fin à ce période noire de l’histoire du club.


Non content de remplir à nouveau la vitrine du club (3 championnats, 3 Cups et une Coupe de la League), le coach nord irlandais va surtout contribuer à un retour au premier du Celtic sur la scène européenne. Imposant à ses joueurs un style direct, il décontenance ses adversaires avec efficacité. S’en suit des faits d’armes mémorables, comme le « Demolition Derby » de 2001, remporté 6-2 par les Hoops. Deux autres victoires dans le Old Firm assureront au club le titre de cette même saison. La saison suivante verra la meilleure performance du Celtic version O’Neill en Ligue des Champions. Eliminés sur le fil avec 9 points, derrière la Juventus et Porto, les Hoops réussiront notamment un match dantesque face aux italiens dans un Celtic Park chauffé à blanc. Fort de cette expérience, les glaswegians se hisseront jusqu’à Séville l’année suivante.

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Le retour au premier du Celtic assuré, O’Neill quitte ses fonctions pour se rendre au chevet de son épouse, atteinte d’une leucémie. Ce dernier recommandera Gordon Strachan, qui sera aussitôt intronisé entraîneur. Dans la continuité...

Du moins au niveau des résultats. Car Strachan va de plus ajouter une touche de classe à son équipe, devenue pour le coup extrêmement attrayante. Les titres 2006 et 2007 tombent dans l’escarcelle des Hoops, tout comme la Cup 2007 et la Coupe de la League 2006. Et, qualité, propres au grands managers, celui va assurer la transmission de relais entre les générations. Les vieux grognards, Hartson et Sutton, sont progressivement par des jeunes pousses prometteuses : Venegoor of Hesselink, Maloney, Mc Geady...

Aujourd’hui, le Celtic de Glasgow continue sur sa lancée. Emmené par une génération terriblement talentueuse, cette dernière semble retrouver de l’allant sur le continent, comme en atteste sa récente qualification pour les 1/8èmes de finales de la Ligue des Champions, et ce pour la seconde année consécutive. Force, talent, volonté, jamais les préceptes n’ont semblé aussi bien appliqués depuis des années. Soutenu par une ferveur populaire sans faille, le Celtic a-t-il les moyens de réediter son exploit de 1967 ? Wait and see.

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Mais pendant que le Celtic pavoise, du coté d’Ibrox, c’est la soupe à la grimace. D’implacables lyonnais sont venus fracasser les rêves européens des Glasgow Rangers. Un coup dur pour cette belle équipe que je vais m’empresser de vous faire découvrir…

Publié dans : Les Dossiers, - Scotch, bagpipes, kilt & football

Commentaires utilisateurs (2) Fil RSS des commentaires
Posté le Mano Nezgras, le 12-05-2008 16:53,
Vivement ma lecture sur l'histoire des Rangers. Et encore bravo Mister Hantastic !
 

Posté le Celticamster, le 24-11-2008 23:07,
http://www.celticglasgow.fr/
 

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