| le 10-06-2007 17:50 |
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Bonjour les médiocres, Jean-Michel Hélas est de retour pour vous sortir de votre néant existentiel. Après quelques mois d'absence, je suis effectivement revenu pour mieux vous faire profiter de ma splendeur. Les jaloux et les petits avaient fini par m'atteindre, je me suis donc éloigné pour mieux me ressourcer. C'est que je suis las, c'est tellement usant de toujours être le meilleur.
Et le plus dur c'est que je ne peux même pas compter sur mes petits copains de Ligue 1 pour me faciliter la vie, non ces derniers sont très égoistes dans la défaite.
Enfin bref, mon club et moi sommes donc encore champions. Quelle joie innatendue. Je me remets avec peine des débordements spontanés de la fête qu'on fit à cette occasion au Sofitel d'Auxerre. Quand Joel Bats nous a fait son imitation de Didier Barbelivien en air guitar, on était à la limite de l'exclusion de l'hôtel. Depuis la fête des vingt ans du CE de la Cegid, j'avais rarement autant ri.
Bien sûr, cette année encore les aigris refusent de reconnaitre mon triomphe et ma domination absolue. Tout ça à cause d'une anecdotique défaite en Coupe d'Europe. Les gens sont injustes, mais il faut les comprendre. A force d'être aveuglés par notre talent, ils ont du mal à discerner l'essentiel. Nous ne sommes pas ( encore ) Dieu. Car comme le disait mon disciple Cavé, quand la Providence se met du côté de notre adversaire, il peut arriver, je le confesse, que nous perdions. Franchement, comment expliquer autrement qu'une suite de geste aussi grotesques qu'inesthétiques du petit Mancini finisse par donner un but ? Dieu n'est pas Lyonnais, c'est tout. Mais maintenant que nous sommes coté en Bourse, maintenant que mon ami Nicolas va permettre à nos joueurs de ne plus étouffer sous la pression fiscale, peut être que le divin changera de camp.
J'ai du faire face ensuite à une révolte d'une certaine catégorie du personnel de la OL Company, les joueurs. Ces petits êtres sont parfois bien étranges. On les nourrit grassement et ils vous mordent la main en retour. Oh certes avec leurs petites dents de lait sur mon cuir tanné de lémurien, mais tout de même. J'ai donc du reprendre de volée les petits Sylvain, Fred et Sidney. Ils sont tellements mignons ces jeunes, qui veulent à la fois mener la grande vie et profiter des avantages de la OL Company. Je les comprends, moi aussi j'ai été jeune. Moi aussi, j'ai frequenté les dancings pour reprendre du Michel Sardou à tue tête. Mais il y a un temps pour tout, comme je leur ai expliqué. Et puis en fermant bien les yeux, les zéros alignés sur leurs chèques finissent par donner la même ivresse que les bulles de champagnes ou les mamelons des belles de Saône. Un rond est un rond, comme on dit chez les experts comptables.
Gérard Houiller, lui n'a pas eu ma serennité. Aussi vite que Bernard Lacombe dégainant sur un arbitre beaudonnant, Gégé nous a quitté. Il a donc fallu le remplacer et nous avons choisi comme nouveau papier peint, le Perrin à rayures. Comme me le disait mon ami Nicolas, en me présentant Roselyne, c'est pas du premier choix mais ça met de la couleur dans la déco.
Sur ce, je vais être contraint de vous laisser. J'ai toute une liste de Ballons d'Or qui me harcèlent pour signer chez moi. Que c'est dur d'être riche.
Bien à moi, un peu pour les autres s'il en reste, Jean-Michel Hélas.
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