Nouvelle-Zélande, à une transformation de la qualif'
Écrit par Man Raide
le 03-11-2009 09:00
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Le 14 novembre prochain, il flottera comme un parfum de rencontres à quinze sur les matchs de qualifications pour la prochaine Coupe du Monde. Pendant que la bande à Raymond jouera sa place pour l’Afrique du Sud contre l’Irlande, vieille connaissance des Six Nations, à l’autre bout du monde, la Nouvelle-Zélande ne sera plus qu'à 90 minutes d'une qualification face à Barheïn, vingt-sept ans après sa dernière apparition en Coupe du Monde.
Quelque soit le sport, une victoire sur les Australiens reste encore le plus sûr moyen de rendre un Néo-Zélandais heureux. Ainsi, lorsque l’équipe des Phoenix de Wellington a fait boire la tasse à la Gold Coast United (6-1) lors d’un match du championnat australien (Australian League), la ferveur est encore montée d’un cran chez les supporters néo-zélandais. L’équipe des Phoenix est le seul représentant néo-zélandais jugé digne de participer aux matchs de A-League. Le plus souvent abonné au rôle de faire-valoir des grosses écuries australienne, les Phoenix n’avaient jusque-là jamais gagné sur un score d’une telle ampleur en championnat. Un résultat qui tombe à point nommé trois semaines après le match nul réalisé par l’équipe nationale de Nouvelle-Zélande face au Bahreïn lors du match aller des barrages qualificatifs pour la prochaine Coupe du Monde.
Ricki la belle vie
Deux succès qui ont à voir l’un avec l’autre puisqu’en plus des six joueurs des Phoenix jouant en sélection, on retrouve un seul et même homme à la tête des deux équipes, Ricki Herbert. « Depuis notre match nul contre l’Irak en Coupe des Confédérations en Afrique du Sud l’été dernier, j’ai senti que les garçons pouvaient passer un cap au niveau de la confiance » se plait à répéter Herbert, ancien professionnel qui a évolué du côté de Wolverhampton dans les années 1980, « ce qu’a pu confirmer notre toute récente victoire contre la Gold Coast en A-League. » Au point de voir monter l’excitation comme jamais chez le public néo-zélandais qui s’est arraché les 35 000 places de la Westpac Arena de Wellington il y a deux semaines en vue du match retour décisif contre Barheïn. Après l’aller qui s’est terminé sur un score nul et vierge, les All Whites n’ont besoin que d’une victoire dans la seconde manche pour participer pour la première fois depuis près de trente ans à une phase finale de Coupe du Monde.
Une aventure espagnole dont faisait partie Herbert en tant que joueur, qui s’est terminée sur trois défaites et douze buts encaissés face à l’Ecosse (5-2), l’URSS (3-0) et le Brésil (4-0). L’occasion pour le sélectionneur de l’époque, John Adshead, de mesurer le chemin parcouru et de tresser au passage quelques lauriers à son digne héritier : « Ricki a vraiment fait du bon boulot. Son équipe s’appuie sur une organisation rigoureuse, un peu à la manière du Blackburn de Ryan Nelson, avec une solide défense et une capacité à se projeter vite et fort vers l’avant. De toute évidence, non seulement ils peuvent battre Bahreïn, mais je pense qu’ils méritent complètement cette qualification qui leur tend les bras. »
Une histoire, deux revanches
Une qualification qui pourrait d’ailleurs permettre une redistribution des cartes plutôt inattendue sur l’échiquier sportif de l’île. Traditionnellement, le rugby a toujours dominé les débats en Nouvelle-Zélande. Or, depuis quelques temps, les difficultés se sont constellées autour du jeu à quinze. D’après les dernières estimations, l’organisation de la prochaine Coupe du Monde de rugby est bien partie pour faire perdre l’argent au pays. On annonce un premier déficit d’un peu plus de 20 millions d’euros. La raison ? Un nombre de billets mis en vente bien trop insuffisant pour un événement d’une telle ampleur. Ailleurs, les clubs font eux aussi grise mine. Partout les caisses et les stars du Super 14 sont contraintes d’aller monnayer leur talent loin de chez elles, à l’image d’un Dan Carter venu piger la saison passée du côté de Perpignan. « Cette qualification pour l’Afrique du Sud est une chance unique pour les footeux de prendre leur revanche sur les rugbymen », explique Adshead, « et si les All Whites venaient à participer à cette Coupe du Monde, cela aurait un effet immédiat sur le grand public en Nouvelle-Zélande. De quoi faire gagner à la Fédération les millions d’euros dont elle a aujourd’hui besoin pour aider notre sport à se développer. »
En outre, une qualification pour la Coupe du Monde 2010 permettrait aux Néo-Zélandais de disputer le leadership régional aux rivaux de toujours, les Socceroos australiens, partis jouer du côté de la zone Asie et déjà qualifiés depuis juin dernier. « Entre 1976 et 1983, on avait un championnat bien supérieur à celui de l’Australie et notre sélection était plus compétitive » rappelle Adshead. « Cette fois, il s’agit d’une chance à saisir et de montrer à nouveau aux Australiens ce dont nous sommes capables. »
De la même manière qu’il reste un long chemin pour espérer voir un jour les All Whites rivaliser avec leurs voisins Socceroos, tout le monde sait d’Auckland à Wellington que même en cas de qualification pour le Coupe du Monde sud-africaine, le football n’occupera jamais qu’une toute petite place dans le cœur néo-zélandais, loin derrière le rugby. Reste qu’après un nul contre Barheïn et une brillante victoire des Phoenix sur la Gold Coast United, c’est surtout l’honneur du football néo-zélandais qui a pu être rétabli – qui plus est après avoir été malmenés par les Tahitiens chez les moins de 20 ans . Autant dire c’est là l’essentiel pour les Kiwis. A Ricki Herbert et à ses All Whites maintenant de profiter de l’élan pour transformer l’essai, comme on dit chez ceux qui jouent à quinze.
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