En el follon del distrito federal
Écrit par Adri "El Trompo" Bollos   
 
le 21-01-2009 20:00
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Aujourd'hui, point de généralités sur le Mexique mais un focus sur sa capitale, Mexico Distrito Federal. Le fameux « Tu l’aimes ou tu la quittes » pourrait très bien être appliqué à cette ville car elle ne laisse jamais insensible celui qui la visite, que ce soit en bien ou en mal. Qualifiée tour à tour de gigantesque, oppressante, agressive, fascinante, irrespirable ou dangereuse, la troisième agglomération mondiale avec ses 22 millions d’habitants divise plus que ne rassemble. Et bien entendu le football, sport national, n’échappe pas à la règle.


La Ciudad de la Esperanza…

C’est ainsi que la ville a été surnommée par son maire André Manuel Lopez Obrador, disciple de Hugo Chavez, gloire locale et candidat défait face à Felipe Calderon aux dernières présidentielles. Ville de l’espérance car berceau d’une manifestation nationale de contestations des résultats du vote destinée à renverser le gouvernement nouvellement élu. Là est le paradoxe de cette ville qui semble aller à contre courant du reste du pays. Autrefois point de passage obligé des jeunes diplômés du pays ou des ruraux en quête de travail, elle a été depuis longtemps supplantée par Monterrey, Guadalajara, Tijuana, Juarez et Cancun. Les nombreux problèmes dont l’insécurité, les transports et le développement des infrastructures et du tourisme ne sont pas résolus et occupent une place de plus en plus importante dans la vie des chilangos. Chaque catégorie socio professionnelle partage le même lieu de vie, des très riches vivants dans des quartiers surprotégés au plus pauvres se partageant des taudis en périphérie de la ville. Personne ne se mélange de peur de créer des tensions. Alors qu’est-ce qu’il y a de fascinant dans cette ville me diriez-vous ?

Tout d’abord au moment d’atterrir on se rend compte du gigantisme de cette ville dont les limites semblent hors de portée. Mais de suite le nuage de pollution qui surplombe la ville (respirer la bas équivaut à fumer un paquet de clopes par jour) rend l’atmosphère un peu plus pesante, renforcé par le manque d’oxygène du aux 2200m d’altitude. Les chilangos sont très fiers d’avoir été la capitale de l’empire aztèque, Tenochtitlan, avant de devenir Nueva España, puis Mexico DF. Les quelques ruines de Tenochtitlan ainsi que le musée d’anthropologie valent largement le détour, surtout qu’on y apprend en analysant le calendrier aztèque, que le monde sera ravagé par les flots en 2012. Quand on vous apprend ça tout juste deux mois après le tsunami de l’océan indien, ça marque les esprits. Il ne faut également pas manquer de visiter Teotihuacan ou, entre deux refus d’acheter un bibelot à un moustachu en sombrero, vous pourrez admirer un site du patrimoine mondial de l’Unesco et manquer de vous tuer en redescendant les centaines de marches des pyramides de la Lune et du Soleil. Vous passerez le reste du temps à vous faire votre propre avis sur la ville, à flâner dans ses quartiers toujours très variés, en remontant el paseo de la Reforma sur 12 bornes, en protégeant votre porte feuille et en vous prenant en photo devant le grand drapeau place du Zocalo.


Et le football dans tout ça ?

Le ballon rond est bien entendu une institution au DF. Au cœur même du Distrito Federal on comptait quatre clubs en Primera Division jusqu’en 2007, six en comptant l’agglomération s’étendant jusqu’à Pachuca et Toluca. J’ai précisé 2007 car, comme expliqué brièvement lors de mon premier article, le Club Atlante a quitté Mexico pour devenir le club étendard de Cancun et de son industrie touristique.


L’Atlante, les raisons d’un départ

L’Atlante est le plus ancien club de la capitale, crée en 1916 par des « provinciaux » exilés dans la capitale. L’équipe commence à se faire un nom en fournissant les meilleurs joueurs de l’équipe nationale d’avant guerre. Choisie pour faire partie de la première fournée professionnelle de la Primera Division, elle ne se retrouvera que deux saisons en seconde division, faisant à chaque fois l’ascenseur. La dernière fois reste assez intéressante car le club à payé plus de cinq millions de dollars pour pouvoir participer aux barrages de promotion/relégation et ainsi retrouver l’élite… une pratique légale apparemment cette année là. Le début des années 90 est le début de la fin de l’aventure dans la capitale pour l’Atlante. Depuis 1977 tour à tour propriété de la sécu mexicaine puis du gouvernement de l’état de Mexico (un peu comme si la CPAM puis Jean Paul Huchon prenaient la tête du PSG), le club est vendu à un businessman mexicain qui se met en tête d’installer le club à Querétaro. La greffe ne prend pas et le club est ensuite baladé entre l’Azteca et l’Estadio Azul. Après un bref sursaut en 1992 le club retombe dans ses travers, recrute à foison des stars au rendement limité, et s’exile à Netzahualcóyotl, ville de la banlieue de la capitale réputée pour être une des plus violentes d’Amérique Latine. Là non plus la greffe ne prend pas et l’Atlante retourne donc à l’Azteca où le bruit de ses 15,000 supporters en moyenne sonne creux dans l’enceinte de 120,000 places. Perdant considérablement de l’argent, la direction du club se décide donc à quitter une ville où l’équipe ne trouve plus sa place. Direction Cancun, ses plages, ses spring breaks, et son histoire footballistique proche du néant. Le succès est immédiat, le club étant sacré champion dès son premier tournoi au sein de son nouveau stade. L’équipe est aujourd’hui de plus en plus populaire en ville et son stade reste  toujours plein, les supporters visiteurs en profitant pour passer quelques jours de farniente à la plage.


El Club América… de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas

Voici donc le principal coupable de l’exode de l’Atlante, le club qui a rendu les chilangos indifférents au second club de l’Azteca. L’América est le club étendard de Mexico DF, celui qui représente le plus la capitale, ses dérives et ses habitants pour les « provinciaux ». Second club le plus supporté du pays grâce à la population gigantesque de la ville, il est également le plus haïs. Cet affrontement entre la capitale et le reste du pays se reflète dans la rivalité qui oppose le club au Chivas de Guadalajara, composé uniquement de joueurs Mexicains. Dix fois champion, le club s’est positionné dès les années soixante dans une stratégie de formation et de développement du merchandising. Les couches les plus populaires se reflètent dans ce club et dans ses joueurs, généralement issus des mêmes quartiers populaires que les fans. On peut relier l’histoire de l’América à ses joueurs qui ont marqué l’histoire du football Mexicain au fil des décades, comme Enrique Borja, Zague, Cuauhtémoc Blanco, Pavel Pardo ou German Villa. François Omam-Biyik, Claudio Lopez, Ivan Zamorano ou Carlos Reinoso font partis des grands internationaux à avoir porté les couleurs du club. Le club est la propriété depuis les seventies de Televisa, la plus grand groupe médiatique du monde hispanophone. L’América est actuellement un des clubs les plus riches du continent Américain.


Pumas de la UNAM… la matière grise du DF

La UNAM (Universidad Nacional Autonoma de Mexico) est la plus grande université du pays et ses alumni sont présents à travers tout le Mexique et même à l’étranger, le club est donc supporté tout au long de l’année au gré de ses déplacements, mais est surtout soutenu par la communauté des artistes de la capitale et en particulier Gael Garcia Bernal. Evoluant au sein du stade olympique des jeux de Mexico en 1968, les Pumas sont également réputés pour avoir la meilleure cantera du pays, ayant formé des légendes nationales comme Hugo Sanchez, Jorge Campos, Claudio Suarez, Alberto Garcia Aspe ou Gerardo Torrado. La grande majorité des jeunes champions du monde des moins de 17 ans en 2005 sortent des classes biberons du club. Hugo Sanchez est une figure importante du club, étant à l’origine en tant que joueur ou manager, de quatre des cinq titres du club. Supporté financièrement par l’université ainsi que par certains de ses alumni les plus célèbres dont Carlos Slim Helu, le second homme le plus riche au monde, le club peut se permettre des recrutements internationaux de qualité mais peut également conserver ses meilleurs joueurs. De nombreux clubs du championnat ayant été crées au sein d’une université, les Pumas sont très souvent considérés comme l’équipe à battre compte tenu du statut de numéro 1 de la UNAM.


Cruz Azul… La Maquina Cementera

Le dernier club de la capitale est donc Cruz Azul, un club crée en 1927 par des employés de Cemento Cruz Azul, une des principales entreprises productrice de ciment dans le monde. La société est toujours propriétaire du club mais a depuis partagé son capital avec Sony et Telcel, la plus grande compagnie de télécommunications d’Amérique Latine. Pourtant très puissante financièrement, l’équipe ne parvient pas à améliorer sa popularité et tarde à développer ses infrastructures. Cruz Azul évolue en effet désormais et depuis plus de 10 ans au Estadio Azul, un petit stade dont la capacité sera portée à environ 38,500 places l’an prochain malgré ses 8 titres de champion. Il est aujourd’hui considéré par l’IFFHS comme le meilleur club Mexicain, certainement grâce à ses performances remarquables en Copa Libertadores et Coupe des Champions CONCACAF.

Voila pour cet aperçu du football à Mexico City. Les chilangos attendent désormais le retour du titre dans la capitale ce qui n’est plus arrivé depuis 2005. Comme il est peu probable que le Mexique accueille sur son sol une Coupe du Monde avant 2022, peu de travaux d’amélioration des infrastructures ont été entrepris dans une capitale qui devient de plus en plus dangereuse et saturée. Heureusement le reste du pays va dans la bonne voie et le Distrito Federal ne pourra pas indéfiniment aller à contre courant.


Commentaires utilisateurs (3) Fil RSS des commentaires
Posté le senor Hantastico, le 26-01-2009 19:24,
Clap clap clap ! je deviens accro à la tequila ! Vivement la suite ! 
 
Sinon, la deuxième photo me fait furieusement penser aux jaquettes de jeux vidéos dur Nes ou Master System...
 

Posté le Cuauhtemoc II Taniwha, le 27-01-2009 13:10,
Il ne manque qu'un chose à l'article, la VO officielle dont voici le clip: http://www.youtube.com/watch? v=z1Z2dh8dZ-s
 

Posté le Sacha Témouillé, le 05-02-2009 22:42,
Je viens de lire les trois articles.  
 
Ce fut très intéressant bien que je ne connais pas spécialement le foot mexicain (Hormis les Luis Hernandez, Jorge Campos). 
 
Gracias "El Trompo".
 

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