En France, c’est bien connu, on a toujours du mal à ériger de nouveaux stades pour satisfaire l’affluence croissante dans le football depuis 1998. Pendant qu’Aulas se rase tous les matins en pensant à son OL Land du côté de Décines, alors que les Lillois sont obligés de délocaliser au Stade de France pour le derby des frères Seydoux et de jouer leurs rencontres de championnat dans un stade digne du Sportiv Chisinau, zoom sur les arènes footballistiques de demain, celles où les clubs français continueront de nourrir leurs désillusions.
Nou Mestalla – Valencia, Espagne.
Ronald Koeman a presque tout cassé à Valencia sauf la construction du nouveau stade valencian. Conçu par l’architecte Mark Fenwick (rien à voir avec les chariots élévateurs), les travaux ont commencé en août 2007 et seront normalement achevés au début de l’année 2010.
Une fois bâti le nouveau Mestella qui, comme son nom l’indique remplacera l’ancien (après ça, ne venez pas dire qu’on vous prend pour des cons à KOLB) et sera d’une capacité de 75 000 places environ. Ce qui en fera l’un des plus grands stades européens abritant un club résidant. Le Vélodrome marseilais redescendra d’un cran dans la hiérarchie. Le coup de ce joyau architectural s’élève dans une fourchette comprise entre 250 millions et 300 millions d’Euros. Comme une mode venue des Etats-Unis, le site du Nou Mestella se trouve sur une ancienne friche industrielle dans le quartier de Benicalap sauf qu’ici, contrairement au stade de Detroit ou d’Indianapolis, les façades du début du siècle n’ont pas été conservées. L’usine a été complètement rasée pour laisser la place à un complexe futuriste en enveloppe d’aluminium intérieur bois qui ressemble à s’y méprendre vu de l’extérieur au « pneu » de l’Allianz Arena de Munich. L’intérieur ressemblera à une immense assiette creuse avec les premiers rangs tout aussi proche de la pelouse que ne l’étaient ceux de l’ancien Mestalla. Avec la ferveur des supporters valencians, inutile de vous dire que l’ont tient là un nouveau chaudron européen.
A noter, le 26 mai 2008, quatre ouvriers ont perdu la vie sur le chantier du Nou Mestalla.
Zenit Stadium – Saint-Petersbourg, Russie.
Qui dit Zenith Saint-Petersbourg dit Gazprom, d’où ambition. Le dernier vainqueur de la Coupe UEFA se prépare à étrenner son nouveau stade avec la prochaine nouvelle année (peut-être même avant). Lassé de jouer dans le vieux et désuet Petrovskiy Stadion sur les bords de la Neva, les russes ont décidé de réinvestir leurs anciens quartiers de l’époque communiste : le Kirov Stadion, enceinte gigantesque posé sur l’île Kretovsky sur le Golfe de Finlande depuis 1950 et pouvant, avant l’apparition des normes de sécurité, accueillir 100 000 personnes. Sauf que ce bon vieux Kirov est depuis 2005 en pièces détachées et que c’est à sa place que sera construit le nouveau stade high-tech de 60 000 places qui verra (espérons pour eux) les acclélérations ravageuses d’Arshavin. L’architecte qui a remporté le marché est le même qui a bâti le Toyota Stadium de Tokyo : Kisho Kurokawa. D’ailleurs, le nouveau stade des Gazprom boys ressemble à ce dernier : une arène parfaitement circulaire assez couverte pour, qu’à la exacte verticale d’une vue aérienne, seule la pelouse soit visible donnant l’impression d’avoir un œil dont l’iris serait un terrain de football. Avant l’ouverture des portes, il faudrait quand même donner un nom à ce nouveau joyau parce que, pour l’instant, il se nomme « le stade de football du côté ouest de l’île de Krestovsky ».A KOLB, on a suggéré le nom de Mamadou Niang stadium comme idée, en souvenir des cris de singe qu’il a reçu dernièrement. Pas sûr que les Supporters du Zénith soit d’accord...
Stanley Park – Liverpool, Angleterre.
Ou l’Arlésienne.La crise financière mondiale actuelle est passée par là entrainant le retard des travaux. Le permis de construire existe depuis 2003 mais le nouveau Anfield basé à deux pas de l’ancien ne sera pas sorti de terre avant le début de la saison 2012-2013 au mieux. Gillette et Hicks, les deux propriétaires du Liverpool F.C futur club résident, commencent à serrer des fesses pour le financement. Au départ prévu pour être une enceinte de 60 000 places puis une augmentation jusqu’à 71 000 pour aggrandir le Kop a été décidé, mais avant la crise… Si bien qu’on ne sait toujours pas quelle sera la tournure définitive que prendra le nouvelle antre des Reds. Selon de fortes probabilités et malgré beaucoup de rumeurs allant dans le sens contraire, il est avéré que les potes de Steven Gerrard ne partageront pas leur herbe avec leurs voisins d’Everton. Pour l’instant, ce stade porte le nom du jardin public où il devrait être construit mais il y a fort à parier, comme le quartier reste le même, qu’il reportera le nom d’Anfield. D’un coût de 350 millions d’Euros, le Stanley Park ressemblera fortement au stade Alvalade qui abrite le Sporting Portugal, à un détail prés que la tribune du futur Kop des Reds sera beaucoup plus grande, se voulant semblable au célèbre mur du Westfalenstadion de Dortmund, pour que la tradition perdure d’un stade à l’autre.
Estadio San Mamès – Bilbao, Espagne.
Des publicités sur des maillots vierges depuis la création du club en 1898, un nouveau stade, le Pays Basque espagnol se modernise et la « Catedral » se refait un lifting pour rester dans l’ère du temps. 240 millions d’Euros seront necessaires pour sa reconstruction juste à côté de l’ancien puisqu’une tribune latérale est prévue sur l’emplacement même de l’ancien San Mamès. Le nouvel écrin des rouges et blancs à rayures aura une capacité d’environ 58 000 sièges. D’un point de vue architectural c’est du très classique : des tribunes qui épousent le terrain pour finalement donner une impression d’ovale sur les bords extérieurs. Un mini Stade de France en somme mais moins gris puisqu’on parle d’une toiture translucide. Pour l’inauguration prévue en 2013, on peut toujours rêver d’une chaude poignée de mains entre Andoni Goikoetxea et Diego Maradona sur le lieu de leurs ébats passés.
Turk Telekom Arena – Istanbul, Turquie.
L’enfer du Ali Sami Yen a vécu, place au Aslantepe Turk Telekom Stadyumu de Galatasaray. Naming valable pour dix ans avec le club qui a vu les crochets extérieurs du pied de Didier Six (Dündar Siz en version originale), le Xavier Gravelaine des années 80 en rapport à son nombre de clubs fréquentés. Quand on sait que l’ancien stade faisait seulement 28 000 places, on imagine le taux de décibels avec les 52 500 sièges prévus par le cahier des charges. Pour le design, les turcs ont fait appel à leurs vieux amis allemands puisque que le consortium d’architectes est basé à Stuttgart (ASP). Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne se sont pas foulés car la Turk Telekom Arena sera l’exact identique de l’Arena auf Shalke et son toit rétractable. Contrairement à la sélection nationale du dernier Euro, la livraison n’attendra pas les arrêts de jeu puisque tout est minuté et on attend le nouvel enfer des jaunes et rouges sur la colline Galata pour l’ouverture de la saison 2009/2010. Inutile de vous dire qu’avec la réputation des prisons turcques, il n’y aura pas de retard…
Juventus Arena – Turin, Italie.
Du Stadio Delle Alpi il ne restera que la pelouse. Un sérieux ravalement de façade destiné à donner une âme à ce stade construit pour la coupe du monde italienne de 1990. Pendant des années, la Juventus de Turin a subi la froideur de son stade avec une piste d’athlétisme envoyant les premiers rangs de spectateurs à plusieurs dizaine de mètres de la ligne de touche. De plus sa capacité était trop lourde à porter pour la Vieille Dame (72 000 places tout de même). Vers 2011, se dressera la Juventus Arena beaucoup plus petite que le Delle Alpi (40 000 places) mais plus chaleureuse et surtout plus moderne avec différents complexes (centre commercial,restaurant…) qui n’existaient pas auparavant autour de ce vaisseau déshumanisé. Un toit rétractable sera ajouté pour contrer l’hiver assez rigoureux dans le Piémont. Bref, les noirs et blancs passeront d’un stade gigantesque d’une autre époque à un stade fermé ultra-moderne où les spectateurs n’auront plus besoin d’emporter leurs jumelles pour apprécier la dernière lucarne du successeur de Del Piero.
Donbas Arena – Donetsk, Ukraine.
« He had the wooly scarf of Shaktar Donetsk… »
Le club cher à Joe Strummer, pour 176 millions d’Euros, va avoir un stade digne de ses grandissantes ambitions qui va au delà de ses terres ukrainiennes. Un stade moderne de 50 000 places verra le jour le 1er juillet 2009 et accueillera aussi les matchs de l’Euro Ukraino-polonais de 2012. Dans le guide Michelin des stades, il sera au plus haut avec ses cinq étoiles FIFA déjà attribuées. Il faut dire que le président du club du Donbas (la région de Donetsk) n’est autre que Rinat Akhmedov, tout simplement l’homme le plus riche d’Europe, et il n’a pas hésité à faire appel aux architectes de chez Arup à qui l’on doit notamment l’opéra de Sydney ou bien à Pékin, le stade olympique (le nid d’oiseau) et le fameux cube d’eau où Alain Bernard fut champion olympique il y a plus de deux mois. L’architecture du stade est pourtant des plus classique, sauf qu’à bien y regarder le cercle que décrit la courbe du stade est plus élevée d’un côté que de l’autre. Akhmedov l’oligarque est en train de devenir plus populaire que l’enfant du pays : Sergueï Bubka. Au fait, pour crâner dans les soirées, « chakhtar » ça veut dire mineur (pour les mines, pas ceux de moins de 18 ans).
Bien entendu, il s’agit d’une liste non exhaustive où n’apparaît pas les nouveaux stades en construction en Afrique du Sud pour la prochaine coupe du monde ou bien les nouvelles arènes destinées aux équipes nationales comme Landsdowne Road en Irlande, la Swedbank Arena de la banlieue de Stockholm où se dressera le premier stade d’une capacité supérieure à 50 000 places dans ce pays ou encore le Norodowy de Varsovie et le nouveau Liu Manoliu de Bucarest. Même la Macédoine se dote d’une nouvelle enceinte flambant neuve.
Parmi les nouveaux stades oubliés, notons les deux clubs grecs athéniens (Panathinaïkos et AEK) qui s’équipent de nouveaux terrain de jeu en remplacement des anciennes tribunes vétustes datant de l’époque des « Colonels ». De même à Moscou où le CSKA et le Spartak se rachètent une nouvelle maison sans marteau ni faucille.
Dans les grands championnats européens : en Espagne, les deux Real (de Saragosse et de la Sociedad ont des projets plus ou moins aboutis) l’Espanyol de Barcelone devrait déménager de sa chambre froide de Montjuich. L’Italie est beaucoup moins enclin à se renouveller (la Coupe du monde de 1990 n’est pas si éloignée), chez la perfide Albion il reste peu de stades à rénover (le Fratton Park de Portsmouth devrait laisser la place au Pompey Village une enceinte aussi futuriste que bizzaroïde). Pour l’Allemagne, le Père Noël est passé en 2006, merci Franz.
Pendant ce temps-là chez les frères Seydoux…