Il a montré la Garonne. Et il a marché. Dédé ne craint plus rien, ni personne. Dédé is on fire. Au commandement d’une équipe toulousaine lancée comme un bolide à la poursuite des lyonnais, Gignac effleure le Sacré. En prenant la tête du classement des buteurs, l’attaquant des violets continue un peu plus de transfigurer une œuvre déjà atypique, sa propre histoire, ainsi que la Ligue 1, en mal de personnalités. A quelques jours de la Saint Valentin, c’est tout KOLB qui vient montrer ici son amour à Dédé…
Dédé J-Niaque
Et il y a quelques mois, le moins que l’on puisse dire, c’est que c’était loin d’être gagné. Nous sommes au mois d’août 2008. Gignac traine son spleen depuis près d’un an dans la cité occitane, ayant perdu son football, sa joie de jouer, son culot. La faute à un Viking talentueux, Johan Elmander, parti ce même été, attiré par les chants monétaires des Bolton Wanderers. La faute aussi à un entraîneur à la casquette étriquée, incapable de tirer le meilleur de son duo frappé d’or. Lui flambe, l’autre plonge. Et s’enfonce dans le Big mac, les frites, le soda. Le malaise avec un grand M. Heureusement pour lui, le sauveur entre en scène. Un certain Alain Casanova qui va regonfler le petit cœur d’artichaut tout brisé de notre Dédé, en lui confiant le poste d’attaquant numéro un, dans ce fameux dispositif toulousain prônant le
« tous derrière et Cantine devant ! ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela marche comme sur des roulottes.
23 matches, 14 buts en Ligue 1. Le ratio est impressionnant, pour plus de 50% des buts de son équipe. Dédé marque de n’importe quelle façon. Du droit, du gauche, de la tête, de l’extérieur, de l’intérieur, du pointu, de la poitrine, du boule, par télépathie. Bref, l’arsenal de l’attaquant complet. Moustache est aux anges, le meilleur buteur de la saison devrait dépasser les 20 buts. Car Gignac ne semble pas s’arrêter en si bon chemin. Tout le monde à Toulouse pousse derrière lui. Même Berson et Sirieix en ont retrouvé leur football, c’est dire. Et toute une ville se prend à rêver. Une Ville rose qui n’avait pas connu de tueur plus efficace depuis Patrice Allègre. Une cité qui n’a pas passé autant de folles soirées depuis l’époque Dominique Baudis.
Tolosa surfe sur le succès, entre un club de rugby intouchable et une équipe de foot qui compte désormais parmi les places fortes de l’Hexagone. Même Téléfoot vient jusque sur les rives de la Garonne, c’est dire. Kiki Jean Pierre en aurait même enlevé le poster Maxi Foot de Cristiano Ronaldo au dessus de son lit.
Il fallait le voir le Dédé, répondre de façon détachée à toutes les questions suscitées par cet engouement autour de sa personne. La lèvre supérieure droite relevée, rictus tellement cinématographique. On l’imagine déjà la clope au bec, adossé à l’angle d’une surface de réparation mal famée, sulfateuse à la main, attendant l’affrontement avec le gardien adverse, qui n’a aucune chance de s’en sortir. Car il a du cran le bougre, après avoir surmonté de telles épreuves. Naitre à Martigues déjà, ça vaut toutes les peines du monde. Faire un an de football à Pau, cité bien peu ambitieuse en terme de ballon rond, ça équivaut à dix ans de bagne. Mais la bonne étoile Gourcuff a lancé la comète Gignac. La France du foot découvre un gamin sans complexe, issu de la communauté des gens du voyage, le cousin du racé Pancho Abardonado. Des buts, un buzz, une identité que découvrent des milliers de Footix. C’est sûr, ce p’tit gars, il faudra le surveiller comme son portefeuille aux Sainte Marie de la Mer. Mais Lorient devient vite trop petit pour Dédé. Il lui faut de l’espace, et de quoi assouvir ses ambitions.
Maxi Best Of Dédé
Ce sera Toulouse, et non Lille, malgré une histoire quelque peu louche de pré contrat non respecté avec le LOSC. Une équipe lilloise qui voit ses meilleurs éléments foutre le camp en Aulassie, pendant que le TFC s’apprête à prendre une belle valise en Ligue des Champions. Mais à l’époque, personne ne le sait encore. Et c’est donc après un an de retard à l’allumage que la bombe explose enfin…

Alors forcément, on attend monts et merveilles du p’tit gars de l’étang de Berre. Un titre de meilleur buteur, un titre en Ligue 1, une Ligue des Champions avec Toulouse et le statut de meilleur buteur de l’histoire des Bleus. Sauf que pour l’instant, Domenech a décidé de se passer de ses services. Il est malin le Raymond. Ou con, allez savoir. Pourquoi aller chercher un joueur au top de sa forme pour le placer dans une équipe qui a oublié ce qu’est le football ? Gignac est trop bon pour l’équipe de France. Non, Dédé, il a sa place dans une All Star Nations, entre Messi et Luyindula, celle qui gagnerait la Coupe du Monde en tongues et en toque, et où le toulousain mettrait 12 buts. Pendant que les Bleus se ramasseraient lamentablement une nouvelle fois au premier tour. Raflant au passage Ballon d’Or, Onze d’Or, trois quatre Veline sous la ceinture et un hamburger à son nom…
Alors fonce Dédé, mets leur le compte. Fais tout péter avant de faire ta tournée glorieuse des plus grands championnats européens. KOLB sera derrière toi, la guitare en bandoulière et le hérisson sur le grill. On te suivra dans le meilleur camping car, dans tous les stades où tu iras. On sera des gens du voyage en ballon rond. Le meilleur fan club "Dédé".