Depuis le temps qu'on suit les présupposés clasicos, on savait bien qu'on risquait fort d'être déçus. Mais comme on est téméraire et qu'on reste un site de football, on s'y est quand même mis avec ardeur et passion. On a même pour ça, zappé la retransmission de Camping sur France 2. C'est vous dire si on a le sens des sacrifices. Mais bon, au bout du compte, ça valait plutôt le coup en fait...
Ce soir, c’est donc clasico. Le choc, le sommet, le must incontournable, le très grand match comme ils disent sur Canal Pelu ( dire qu’il leur a sûrement fallu consulter un cabinet de marketing pour trouver cette appellation...). Sauf que n’importe quel habitué de la Ligue Moustache, sait bien qu’il y a maldonne. Ce clasico n’est plus depuis longtemps qu’une coquille vide. Si il a jamais ressemblé à quoi que ce soit. Car c’est bien d’une construction artificielle à la fin des années 80 et au début des années 90 que tout part. De Tapie ou des dirigeants de Canal Pelu, les avis divergent, mais l’essentiel est là. Cette construction médiatique s’est nourrie elle-même jusqu’il n’y a pas très longtemps. Il est d’ailleurs amusant de noter que les mêmes qui ont crée cette vraie-fausse rivalité, furent les premiers à tenter de calmer le jeu hypocritement quand cette guéguerre tournait aux batailles rangées de supporters.
Un choc aujourd'hui sans heurts ni saveurs
Reste donc en 2008, cette appellation de clasico. Sauf que cette année, d’un côté comme de l’autre, même l’illusion n’a pas eu le droit d’exister. Pas le début d’une polémique, rien. Côté marseillais, on s’est inquiété du retour ou non de Gaël Givet. Côté parisien, on a présenté un nouveau calendrier. C’est vous dire, l’intensité du choc. Pourtant, le casting des dirigeants avait de la gueule. On aurait aimé voir ce qu’un Charly avait dans le bide face aux circonvolutions verbeuses de Pape Diouf. Ou même, les Marseillais auraient pu lancer José Anigo, en Vic MacKey du très pauvre, dans les pattes d’un Rothen. Mais non, ce fut le calme plat. L’un des plus célèbres poncifs du journalisme sportif, consiste à penser que l’enjeu tue le jeu, que le contexte étouffe la performance. En l’absence de contexte sclérosant, on était donc en droit d’attendre du jeu. Comme quoi, on est resté de grands naïfs…
Parce que bon, même si l’OM pouvait accrocher la première place en cas de succès, le niveau de jeu de ses dernières performances ne laissait pas supposer de grandes envolées. L’OM est intermittent, sur le jeu, d’un match sur l’autre et même parfois à l’intérieur de chaque match. Le potentiel est certain. Mais Ben Arfa semble parfois le symbole d’une équipe qui agace en entretenant l’illusion d’un potentiel gâché. Reste que Marseille, du moins en championnat, continue d’avancer. Et que Gerets a l’adhésion des joueurs, des dirigeants et des supporters. Le genre de situation qui ferait du bien à Paul Le Guen. Car au PSG, personne ne sait l’exact niveau de cette équipe. Mais tout le monde sait qu’il navigue quelque part entre le moyen efficace et le médiocre tout court. Autant dire tout de suite qu’on ne donnait pas cher pour voir Le Guen empêcher Gerets de se rendre encore plus populaire sur la Cannebière.
Pourtant, l’entraîneur parisien d’ordinaire frileux, ose pour l’entame du match une composition d’équipe offensive. Avec le seul Makelele en vrai milieu défensif, et cinq joueurs au profil offensif, Paris affiche ses ambitions, comme disent les journalistes en manque d’imagination. Bizarrement, c’est de Marseille que vient la prudence. Gerets met Ben Arfa sur le banc, remplacé numériquement par Kaboré et place Cana en défense centrale. Marseille sur l'envie (enfin vite fait) - Paris sur la maitrise technique (même avec Pancrate)
Après un avant match interminable sur Canal Pelu et son lot de révélations incroyables ( quand les joueurs parisiens entrent sur la pelouse du Vélodrome… ils se font huer par le public. Incroyable, non ? ), c’est enfin l’heure de jouer au ballon. Dans les premiers instants, Marseille semble mordre avec plus d’allant dans le match; Certainement sur motivés par Gerets, ils mettent une grosse intensité dans le pressing et dans les duels. Paris logiquement joue avec d’autres armes. Paris est plus technique au milieu, de par sa composition et dès que les Parisiens résistent aux premières charges, le jeu peut se montrer dangereux. Ils créent donc quelques occasions, quelques corners, de ce genre de corners qui semblent toujours anodins. Jusqu’à ce qu’ils soient décisifs, comme sur l’ouverture du score par Hoareau, gagnant sans trop forcer son duel avec Cana. Marseille mené, n’a plus le choix mais ses initiatives restent trop maladroites, avec beaucoup trop de déchets techniques. Et c’est là aussi sur une demie attaque que Marseille va égaliser. Sur un centre de Kaboré, Bourillon détourne la balle et feinte son propre gardien Corky Landreau, décidemment poissard au Vélodrome. Niang, esseulé au deuxième poteau n’a plus qu’à envoyer le ballon au fond des filets, d’une tête molle. S’ils ne traduisent pas un réel impact offensif, ces deux buts permettent au moins à la partie de respirer. Le match devient nerveux, témoin ce tacle bien haut de Kaboré, qui manque de briser la jambe de Sylvain Armand. Paganelli, jugeant sans doute que la partie a besoin de l’expertise d’une lumière, en profite pour glisser une interview de Sammy Traoré. Passionnant. Passé ce début de match, force est de reconnaître que le jeu marseillais prend le dessus. Les Parisiens peinent à développer leurs attaques, la faute sans doute, à la présence d’un type étrange et fantomatique sur la pelouse, un certain Pegguy Luyindula. Marseille s’organise et fait passer son jeu par les côtés, enfin surtout le côté droit de Valbuena, et on se dit à ce moment là que Paris peut passer une soirée difficile. Heureusement pour les Parisiens, il reste Taiwo et ses fautes grossières à l’entrée de la surface qui offrent un belle occasion à cinq minutes de la pause. Mais Paris n’en profite pas et se fait punir une nouvelle fois. Sur une frappe en pivot de Niang, suite à une belle action collective, Landreau relâche encore un ballon et offre à Valbuena l’occasion de donner l’avantage aux Phocéens. A la pause, même si Paris n’a pas manqué de courage et de cohésion, le score semble logique. Paris a certes plus de joueurs offensifs sur le terrain, mais trois d’entre eux ( Pancrate, Rothen et notre ami Pegguy ) semblent hors sujet.
Pegguy Luyndula superstar ( sans déconner )
A la reprise, Hoarau donne le ton de ce début de seconde mi-temps, en blessant Hilton sur un tacle tardif. La partie devient alors hachée par les fautes et les arrêts de jeu. A la 53e, Luyindula nous prouve qu’il lit KOLB ( alors que l’article était même pas paru, c’est là qu’il est fort le Pegguy ) et répond à nos critiques. Sur un déboulé de Sessegnon, encore convaincant ce soir, il trompe Mandanda d’une petite balle piquée. Un gardien marseillais un peu juste sur sa sortie. Du moins, c’est l’avis de Gregory Coupet depuis sa maison de retraite madrilène. Bon d’accord, Hilton était sorti sur blessure au moment de l’égalisation parisienne, mais quand même…Marseille tente alors d’exercer de nouveau un pressing haut, mais s’expose aussi aux contres parisiens. Baky Koné, aka Maradona pour ceux qui l’ignorent encore, est tout prêt de tromper Landreau à la 65e. Marseille est là, présent et pressant, mais peine dans la précision. Marseille manque aussi de réussite, comme sur la superbe volée de Cheyrou, auteur encore d’une grande partie, qui ne trouve que la transversale. Suite à laquelle, Niang réussit à envoyer le ballon et Landreau dans les buts. Beau strike, Mahmadou, quel dommage que l’arbitre n’aime pas les soirées bowling. Paris subit sans vraiment avoir le choix, tant il peine dans la récupération. Mais les attaques brouillonnes de Marseille ne suffisent pas. A un quart d’heure de la fin, sur un coup de franc lointain, Rothen se prend pour Juninho. A moins que ce ne soit Mandanda qui se prenne pour un gardien anglais. Toujours est-il que Paris mène au score dans ce qui commence à ressembler à un petit hold-up. Mais, c’est sans doute là l’effet de Tonton Charly, Paris ne s’en contente pas et enfonce le clou sur un exemple de but en contre et un joli cadeau de Pegguy à Hoarau. Paris pousse même le vice jusqu’à faire entrer Sakho et son horrible coupe de cheveux en balais brosse tigrée. M’Bami en connaisseur a du apprécier. Marseille n’y croit alors plus et peut légitimement nourrir des regrets. Mais aussi sûrement s’en prendre à eux-mêmes. Et entre Rhône et Saône, on en connaît certains qui doivent respirer et se dire que ce huitième titre viendra à point comme les autres.
Au final, contrairement à ce qu’on pouvait craindre, le match fut assez agréable. Sans trop de fautes, six buts, des belles actions. Bon d’accord, il y a eu aussi beaucoup de déchets techniques et pas mal d’erreurs défensives. Mais pour un match de Ligue Moustache, c’était pas mal. Un très grand match au sommet, peut-être pas, un belle partie de football assurément.
Une accroche enrobée mais fastidieuse, la moitié de l'article, pour un résultat exceptionnel mais hélas omis.
Car malgré un jeu des plus précaires, Paris a ridiculisé cette bande mous du bulbe.
Et si à la lecture de cet article, nous serions tentés de prendre en pitié ces grandes bouches de marseillais, la réalité veut que ce soir les parisiens rient à gorges déployées...
Un instant que KOLB n'a malheureusement su saisir...
Posté le Sacha Témouillé, le 26-10-2008 23:45,
Bien bien ... Bon résumé.
"Belle partie de football assurément", peut être pas jusque la. Beaucoup de déchets comme l'article le dit d'où le paradoxe de ce match. 6 buts pour un jeu plutôt pauvre.
Seule déception, pas un mot sur le coaching incompréhensible de Gerets ...
Posté le youln, le 27-10-2008 00:14,
ca sent bon la crise a l'om
Posté le Buk, le 27-10-2008 20:43,
zobi
Posté le poq, le 27-10-2008 20:45,
Comme quoi, bcp de buts ne riment pas forcément avec spectacle sensationnel.
Posté le Romek, le 28-10-2008 16:37,
bon article. au fait votre pote method en prend plein la gueule avec son article équivalent sur sofoot.com
Posté le Romek, le 28-10-2008 16:41,
et je sais pas vous mais j'ai envie de cogner les peigne-culs de journalistes de merde qui appellent les PSG-OM des "classico". ça me rend fou putain
Posté le toujours personne, le 11-11-2008 19:36,
Le plus drôle de cette soirée c'est que j'ai téléchargé "la provence" ... à mourir de rire pour une belle victoire sur des terres étrangères !!!! Par ailleurs, allez sur les firums des supps' de l'om et regardez les topic de ce match (en direct).
- France
De la L1 à 668 millions d'euros aux divisions de district, KOLB en
pince un max pour tous les championnats de France. Surtout pour ceux
d'en-bas.
- Championnats européens
Parce qu’il y a une vie après la D2 roumaine, KOLB a gardé une place de choix pour les derniers championnats rock’n’roll
en Europe. Là où l’on a encore rien d'autre à proposer que de la bière,
de la sueur et des saucisses trop grasses. En route pour un aller sans
retour en Bundesliga, en Scottish Premier League et dans les
profondeurs de la Ligue Jupiler. Schengen nous voilà !
- Coupes d'Europe De déplacements anonymes dans quelque bourbier de l’Est en
naufrages scandinaves confidentiels sur W9, les Coupes d’Europe sont
l’occasion de rappeler que KOLB est une équipe française comme les
autres : borderline, loser et ne dépassant jamais les huitièmes de finale.
- Euro 2008 Après le miracle grec de 2004, l’Euro doit rester la vitrine d’un
football moche. D’autant que ce coup-ci, au pays d’Hermann Maier et de
Didier Cuche, ce sont les grandes équipes Joga Mochito qui passent les plats. Une occasion de plus pour la fine équipe de KOLB de continuer à remuer tout schuss côté coulisses.
- Equipe de France
Au pays des Bleus, les footix sont rois et KOLB toujours en
avance question hors-jeu. Surtout quand il faut fumer un sélectionneur
forcément incompétent, une liste des 22 qui a tout de l’erreur de casting
attendue et des titulaires qui ne seront jamais à la hauteur. Parce que, vue du bar,
la défaite doit rester en nous.
- International
En avant marges ! Notre webzine garde un œil éclairé sur les grandes
rencontres internationales. Surtout si elles se jouent en zone
CONCACAF, le temps d’une Coupe d’Asie enlevée ou sous les tropiques
anonymes d’Océanie. Pas de doute : pour KOLB, le foot c’est vraiment
mieux ailleurs.