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On les avait presque oubliés les Auxerrois, malgré un mois d'avril catastrophique et une différence de buts qui tient plus des soirées de Iakoutsk que du week-end à Sousse... Au lendemain d'un nul heureux à domicile contre le FC Metz, L'Equipe avait même poussé le vice à ne pas les faire figurer dans le peloton des équipes concernées par la lutte pour le maintien ! A croire qu'en "haut lieu" on voulait ménager le palpitant de notre Guy Roux national. Pas nous. Le plus beau port de bonnet de la L1 peut donc dès à présent charger la batterie du pacemaker car on a trouvé 5 bonnes raisons de ne pas croire à un sauvetage "rilax fingers in zeu nose" de la bande à Pedretti...
1. 28 saisons à jouer le maintien, ça use...
Rangé des bancs, Guy Roux pensait couler des jours paisibles à faire l'homme-sandwich cathodique entre deux tontes de pelouse ; la L1 et ses mystères insondables en ont décidé autrement. Entre une aventure lensoise tragicomique et le parcours en eau de boudin de son club de toujours, on imagine que les gouttes de sueur ont dû perler. P'têt' même que ça a coulé sous la veste de survêt'.
Quelque chose nous dit qu'elles n'ont pas fini de lui gratter les bajoues... "Annus horribilis" comme disent les anciens. A ce rythme là, les sottises du Jeannot pourraient bien provoquer un énième rappel du Eric Cartman bourguignon, quitte à sacrifier les piles de la télécommande pour plus de confort dans l'utilisation du Vitatron...
Pourtant il suffit de se pencher sur l'historique de l'AJA en D1-L1 pour s'émerveiller de l'exceptionnelle régularité icaunaise : 23 saisons achevées dans la première partie de tableau, seulement 4 incursions plus bas (accidents ?) mais jamais au-delà de la 15ème place. Même si on se souvient qu'en 1998/99 le coup n'était pas passé loin avec un maintien acquis à la dernière journée, force est de constater que Guy Roux se foutait vraiment de nous en arborant la fausse modestie des vrais ouineurs...
2. Parce que Gérard Bourgoin est une buse
Dans la grande confrérie des Gérard, c'est bien connu, on aime jouer les prédateurs sous des dehors bonhommes. Ce Gérard là ne déroge pas à la règle, et sous ses allures d'ami un peu beatnik de la volaille se cache un putain de killer. De poulets donc mais aussi d'une nuée de pigeons : salariés, députés, partenaires financiers, PME... L'était rigolo pourtant Gégé, dit "le Grand"... Des fameux maillots Chaillotine entre 78 et 90, avec une parenthèse Crédit Agricole de 83 à 86, au Duc de Bourgogne lors de l'âge d'or du club (90-96), il aura fait le bonheur des collectionneurs de vignettes Panini et de photos de Polonais moches et alcooliques. Sinon, pour le côté plus glamour, ce sont des amitiés sulfureuses avec tout ce que la planète compte de vieux chibanis un brin psychorigides qui n'aiment rien de mieux que de se faire filmer sapés en survêt' de RMIste, une certaine idée de la classe cubaine...
Faut dire qu'à Auxerre, Bourgoin c'est le roi du pétrole. Par respect pour son CAP de charcutier, et accessoirement son argent, on lui pardonne tout. Plus que ça, le Gérard est un survivor. On a presque oublié les abus en tout genre : de pouvoir, de biens sociaux, d'alcool (pour faire écho à Gérard D.), d'exploitation pétrolière en association avec Céline Dion, des folles agapes au Congo-Brazzaville, mais surtout de ses deux années chaotiques à la tête de la Ligue (2000-2002) où il aura foutu un beau bordel en pleine affaire des faux passeports... Vous l'avez compris, nous à KOLB, avec un tel pedigree, dans la famille Bourgoin on préfèrera toujours demander la Louise.
3. Un stade champêtre qui sonne creux
Dans une rédac' où la D2 roumaine est reine, on serait bien peiné de se moquer du stade en bois de l'AJA, avec sa tribune Leclerc - pas le général, mais juste un hommage au préposé à l'annone. Pour duper le téléspectateur et cacher la misère des latérales côté tennis, les caméras ont été disposées de manière à filmer la tribune honneur. Parler de l'Abbé-Deschamps, c'est évoquer un CR de manifs au 20h de Pujadas... 23508 places selon la Ligue, 20132 selon le site officiel de l'AJA.
Pire ! Au challenge Francis Lalanne des tribunes organisée par la LFP et RTL, Auxerre est 18ème, donc reléguable... Plus glauque encore, cette longue litanie des chiffres qui tuent : 20ème derrière Monaco en terme d'affluence moyenne (9 555 spectateurs) ; plus mauvais taux de remplissage d'un stade de L1 (40,65 %)... Les fois où l'assemblée dépasse le cap des 10 000 se comptent sur les doigts d'une main (le podium : Marseille avec 18 736, puis Saint-Etienne avec 13 137, et Bordeaux 11 512 spectateurs). Pour les réceptions de Strasbourg et de Nancy, on tombe carrément sous la barre des 7 000 pelés !
A l'heure où la France doit relever le défi imposé par la mondialisation, la survie de la L1 semble passer par l'exportation via l'image. Le lecteur comprendra qu'on ne peut décemment pas cautionner ce triste bilan chiffré, même pas digne d'une Oberliga est-allemande.
4. Parce que ça fera un court déplacement pour les supporters du PSG
Du moins ceux qui resteront, serait-on tenté de dire... Traditionnellement, les Parisiens ont un voire deux matches à domicile de plus que les autres : Auxerre et Le Havre. La franchise Super U assurée de débuter la L1 cet été, ce ne serait que justice si les Bourguignons accompagnaient le PSG au purgatoire de la L2. Rappelons qu'il n'y a que 170 km entre Paris et Auxerre ; une donnée non-négligeable pour le larfeuille des ultras parisiens qui devront déjà casser le cochon pour se payer une virée à Bastia et Ajaccio. Du coup, ça devrait soulager les services du Ministère de l'Intérieur qui connaissent la propension des "indépendants" à aller faire la bise aux supporters adverses de passage dans l'Yonne les soirs où le PSG ne joue pas... Les milieux interlopes se souviennent encore avec émotion de ce 60 contre 60 avec les ultras bordelais devant la tribune Vaux, lors d'un match en retard AJA-Bordeaux en 2002.
Assurément un couple Auxerre-PSG en L2, en plus de jeter le samedi soir des hordes de supporters devant la 2 et les contorsionnistes ukrainiens, ferait monter les parts de marché de la case prime-time du lundi soir.
5. Pour faire un parallèle avec Nantes et mettre fin aux idées reçues

La réputation de l'AJ Auxerre tient, comme celle de Nantes, de l'arnaque pure et simple. A savoir celle d'une équipe pratiquant un beau jeu basé sur le mouvement et le tout à l'offensive. A KOLB, on ne nous la fait pas. Le foot proposé par l'AJA tient plus depuis 8 ou 9 saisons du Joga Laborio, fondé sur l'art de la contre-attaque et du tout pour le bourrin tatoué d'avant-centre. Ce qui est vrai par contre, et les mecs de droite qui se gavent de L1 depuis une vingtaine d'années ne démentiront pas, c'est qu'on a rarement été déçu par le spectacle proposé sur Canal lors des Auxerre-Nantes. Au temps où le foot français flirtait avec l' underground, c'est l'AJA qui pour sa première saison en D1 allait battre le FCNA chez lui, à Marcel Saupin, mettant ainsi fin à cinq années d'invincibilité à domicile.
Bien des choses rapprochent ces deux clubs : un centre de formation bien balèze, des victoires contre Rennes (tel le 2-0 qui sauve la bande à Guy Roux en 1999), les razzias d'ados en Afrique, la filière belge, les maillots Airness dégueulasses...
Seulement aujourd'hui, Jelen n'est pas Szarmach, Grichting n'est pas Boli, les internationaux qui viennent pour se relancer ne s'appellent plus Vincenzo Scifo ou Laurent Blanc, mais Peguy Luyindula et Benoît Pedretti, les équipes B et C ne s'amusent plus en CFA et CFA2 comme par le passé. Parfois Rennes gagne à l'Abbé-Deschamps, les Africains doivent avoir des papiers et l'abonnement à la Jupiler League a augmenté depuis le passage à l'euro...
Qu'on soit bien d'accord, Auxerre doit descendre pour retrouver ses fondamentaux : une bonne gestion pépère, le 4-3-3 à papa et mettre le paquet sur la formation. Aussi on prédit une remontée immédiate et le trophée UNFP du meilleur joueur de Ligue 2 à Pedretti...
| Publié dans : Actu Foot, - France |
| Tags : Auxerre, Abbé-Deschamps, stade en bois, Guy Roux, retraite, pacemaker Vitatron, Louise Bourgoin, Gérard Bourgoin, balbuzard pêcheur, Céline Dion, poulets, Fidel Castro, bouseux, Benoît Pedretti, Stéphane Grichting |
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