20ème journée de Ligue 1 : Chroniques d'un football gelé
Écrit par Jo Wilfried Mulao
le 11-01-2009 22:45
Ce week-end, la Ligue Moustache a donc repris ses droits. Et 2009 a redémarré là où 2008 s’était arrêté, dans le flou et la médiocrité. Mais pour une fois, on ne parle pas ici du terrain et du jeu, mais bien de l’organisation et des dirigeants de notre chère Ligue 1. Retour sur une journée qui n’aurait pas du avoir lieu et qui risque cependant de compter beaucoup.
Personne n’est à l’abri de faire des grandes découvertes à un âge avancé. L’automne dernier, des tas d’entrepreneurs, financiers et politiques ont découvert que le libéralisme non régulé, ben c’était dangereux. Nos dirigeants de Ligue 1, découvrent eux qu’en janvier, il fait froid. L’avantage avec eux, c’est qu’ils le redécouvrent chaque année. Comme le poisson rouge et sa mémoire de dix secondes, le dirigeant de football français vit chaque saison sans retenir une seule leçon des précédentes. En janvier 2009, incroyablement, il fait froid. Y compris dans le Doubs. Chose d’autant plus étonnante, que Sochaux est connu pour ses palmiers, ses putes brésiliennes et son football de plage. Mais Dame Nature est capricieuse. Au-delà du manque de prévoyance des dirigeants français, cette journée parodique, à demi jouée sur des terrains gelés, aura aussi permis une belle parade du bal des faux culs.
Le bal des faux culs en hiver
Pape Diouf, jouant les vierges effarouchées devant les caméras de télévision, s’indignant qu’on puisse autoriser la tenue d’un match. Bizarrement, on l’a beaucoup moins entendu après. Tous ces dirigeants, à Sochaux, à Lyon ou ailleurs, pestant contre la Ligue et les télévisions, responsables selon eux de cette situation ubuesque. Et puis tiens, même les journalistes et consultants de Canal Pelu, le cul bien entre deux chaises, sachant pertinemment que cette journée n’avait pas de sens et tentant par tous les moyens de changer de sujet.
Tous ces gens ont un point commun. Ils ont signé le même contrat de diffusion l’été dernier, s’entendant donc sur un calendrier qui prévoyait bien un multiplex début janvier. A l’époque, sans doute que la santé et la sécurité des joueurs n’était pas la sacro sainte priorité des priorités. Ou alors, ils pensaient sincèrement que l’hiver serait chaud. Encore un coup de ces salauds de la météo. Quand on vous dit que c’est de la faute des médias…
Reste que la journée, moins trois matches, a eu lieu. C’était souvent sur des terrains injouables, au sens où l’on ne pouvait pas jouer au football avec le spectacle que cela présume. A Auxerre, à Sochaux, les matches furent donc anecdotiques. Le résultat l’est sans doute moins pour Marseille, résultat qui doit beaucoup à Mandanda et à la faiblesse de la défense bourguignonne. Marseille garde donc la roue des poursuivants, d’un Rennes qui n’en finit plus d’étonner par sa solidité, même si tout le monde attend le moment où Guy Lacombe va finir par merder. Pour l’instant ça tient et ça peut faire un outsider crédible. Toulouse continue d’avancer dans l’anonymat . Comme à leur habitude, les sudistes ont fait dans le panache, en écrasant 1-0 une pauvre équipe havraise dont Fréderic Hantz aura bien du mal à tirer quelque chose. Nantes lui a sorti la tête de l’eau, face à une équipe monégasque qui ne ressemble plus à rien. Que Ricardo puisse encore avoir une once de crédit dépasse l’entendement.
Enfin, il y a Lyon. Qui a peiné une fois de plus. Qui s’est fait bouger par une équipe joueuse, rapide et axée sur les beaux mouvements collectifs. Ce qui ne laisse pas beaucoup d’espoir quand on imagine que Barcelone ira sans doute plus vite, plus haut et plus fort que Lorient. Mais qui sait, d’ici là Grosso aura peut-être appris à garder son côté. Et puis, s’il est toujours bon de rappeler que Lyon a traversé une semblable crise de résultats à la même époque l’année dernière, il convient aussi de dire qu‘elle n‘avait pas démarré avant la trêve. Et que l’OL disposait alors d’un bouc émissaire idéal avec Alain Perrin. Les déclinologues de l’empire aulassien n’ont jamais semblé si clairvoyants.
Bordeaux, dix ans après ?
Restait donc ce soir la fameuse grande affiche, chère aux commerciaux de Canal Pelu. Un Bordeaux constant depuis maintenant dix-huit mois et au banc offrant au moins autant de possibilités que celui de Lyon. Et puis Paris donc, le Paris nouveau d’un Charly qui ne connaît pas la crise. Comme par miracle, les doutes et les ricanements des sceptiques ont été soufflés par une série de bons résultats en championnat et un succès arraché contre l’équipe B de Twente. On attendait donc avec impatience de voir si ce Paris était aussi solide que la hype l’entourant et si la fameuse crise d’automne n’avait pas tout simplement attendu janvier pour se manifester.
Paris aligne son onze type pour la 367ème fois de la saison, Blanc aligne une formule assez offensive avec pas mal d’allure.
On attendait un match serré et tendu. A l’arrivée, Bordeaux a mangé Paris. Et reste dans le fond, le seul adversaire crédible de Lyon, pour aller chercher un titre dix ans après 1999. Le PSG a confirmé ses faiblesses en défense centrale et Sessegnon n’a même pas encore le talent de Fiorèse pour les plongeons. Paris en gris, a pris le tarif habituel de ces dernières saisons en Gironde, 3-0. Plus un but, sans doute l'effet Charly. Le beau but de Gourcuff lui assure une comparaison avec Zidane pour la fin de saison et tous les kikoo lol des skyblogueuses de Gironde.
Comme quoi, dès lors qu’on joue sur des terrains praticables, le football c’est tout de même mieux. Reste plus qu’à convaincre la Ligue de décaler l’hiver.
- France
De la L1 à 668 millions d'euros aux divisions de district, KOLB en
pince un max pour tous les championnats de France. Surtout pour ceux
d'en-bas.
- Championnats européens
Parce qu’il y a une vie après la D2 roumaine, KOLB a gardé une place de choix pour les derniers championnats rock’n’roll
en Europe. Là où l’on a encore rien d'autre à proposer que de la bière,
de la sueur et des saucisses trop grasses. En route pour un aller sans
retour en Bundesliga, en Scottish Premier League et dans les
profondeurs de la Ligue Jupiler. Schengen nous voilà !
- Coupes d'Europe De déplacements anonymes dans quelque bourbier de l’Est en
naufrages scandinaves confidentiels sur W9, les Coupes d’Europe sont
l’occasion de rappeler que KOLB est une équipe française comme les
autres : borderline, loser et ne dépassant jamais les huitièmes de finale.
- Euro 2008 Après le miracle grec de 2004, l’Euro doit rester la vitrine d’un
football moche. D’autant que ce coup-ci, au pays d’Hermann Maier et de
Didier Cuche, ce sont les grandes équipes Joga Mochito qui passent les plats. Une occasion de plus pour la fine équipe de KOLB de continuer à remuer tout schuss côté coulisses.
- Equipe de France
Au pays des Bleus, les footix sont rois et KOLB toujours en
avance question hors-jeu. Surtout quand il faut fumer un sélectionneur
forcément incompétent, une liste des 22 qui a tout de l’erreur de casting
attendue et des titulaires qui ne seront jamais à la hauteur. Parce que, vue du bar,
la défaite doit rester en nous.
- International
En avant marges ! Notre webzine garde un œil éclairé sur les grandes
rencontres internationales. Surtout si elles se jouent en zone
CONCACAF, le temps d’une Coupe d’Asie enlevée ou sous les tropiques
anonymes d’Océanie. Pas de doute : pour KOLB, le foot c’est vraiment
mieux ailleurs.