L’année football 2008 est finie et dans le fond, c’est pas si mal. Non pas qu’on se soit ennuyé, l’avantage du football c’est que même le médiocre peut être source d’intérêt. Juste que 2008 fut une année sans surprises, les plus attendus ayant gagné, Manchester, l’Espagne, Lyon, l’Inter et Cristiano Ronaldo. Peu de surprises et rien de susceptible de marquer les esprits sur le long terme. Alors à KOLB, on est sans doute un brin naif, mais on aimerait bien que 2009 fasse bouger un peu les lignes. Bon, on demande pas le grand soir, Grenoble champion, l’auto gestion à Lyon et Gignac titulaire chez les Bleus. On a beau être parfois excessif dans nos vœux d’originalité, on est pas complètement demeuré non plus. Voici donc une perspective de ce qui pourrait faire de 2009, une belle année kolbienne. Ou pas.
France :
L’année 2009 a déjà démarré, et comme de tradition, la Coupe de France a permis de récupérer des fêtes, en regardant des retransmissions de matches depuis Pamiers ou Pont de Chéruy. C’est vous dire si l’année commence bien. En Coupe de France, l’idéal serait de voir les supposés grands clubs jouer cette compétition jusqu’au bout. Jusqu’au bout signifiant finale comprise, l’affiche de 2008 ( PSG-Lyon ) n’ayant pas tenu toutes ses promesses. Des pros qui jouent et gagnent comme des pros, spectacle compris. Bon, autant le dire tout de suite, ça a pas franchement bien démarré. Les journaux se gargarisent déjà de l’exploit des amateurs de Schirrhein, tombeurs de Clermont. On va donc avoir droit à la belle histoire des gentils bouchers et garagistes qui se lèvent tôt face aux méchants pros qui profitent du système. Sauf que cette fois les pros jouent à Clermont. Ils dont déjà été assez punis, non ? Depuis Calais et Lozano, on devrait pourtant savoir que les amateurs ont aussi le droit d’être insupportables.
La sœur délaissée de la Coupe de France continuera sans doute son chemin de croix, le PSG-Lens qui s’annonce nous promettant une énième relecture médiatique tout en mauvaise foi de l’affaire de la banderole. Comme si la Coupe de la Ligue ne se suffisait pas dans sa propre médiocrité. La bonne nouvelle pour 2009, c’est la suppression de la publicité sur le service public. Les retransmissions de cette compétition commenceront et finiront donc plus tôt. De quoi ne pas louper le début de Pascal le grand frère sur TF1. Quand on vous dit que 2009 s’annonce bien.
En championnat, les vœux se suivent et se ressemblent. Comme chaque année, on espère que Lyon se tassera et que surtout les autres maintiendront la pression. Que le Bordeaux de Blanc profite de la profondeur de son banc, de sa stabilité et de son programme européen moins exigeant, pour faire une deuxième partie de saison sur le rythme d’un champion. Bordeaux a les moyens de cette ambition et effet Gourcuff oblige, peut très bien se retrouver avec public et médias derrière pour pousser un peu plus.

Marseille a sans doute beaucoup de moyens. On rêve bien sûr de voir un joueur de classe comme Larsson débarquer. Mais on y croit pas trop et on se prépare déjà à l’idée d’un Bergougnoux. Fatalement, ça casse un peu le rêve. On te promet une nouvelle saison des Soprano et tu te retrouves avec Tex dans un rôle de mafieux dans Plus belle la vie. L’effet Ligue Moustache est impitoyable avec des rêveurs comme nous. Marseille aura sans doute du mal à accrocher le podium, malgré l’implication évidente de Gerets. Ben Arfa donnera du fils de pute à qui veut l’entendre, brillera sur deux ou trois matches et regardera dès le mois de mai, les offres immobilières de Londres. Il restera Elliot Grandin. Chienne de vie.
Paris est enfin en position de démarrer une nouvelle année avec des promesses. Tiendra-t-il la distance, c’est autre chose. Les explosions de joie surréalistes suivant la victoire contre l’équipe B d’une équipe de milieu de tableau hollandais prouvent en tout cas une chose : Paris ne sera pas bégueule et jouera tout ce qu’il est possible de joueur. Le problème viendra sans doute d’une défense fragile et d’un banc assez léger. Et puis il y a Charly. Tiens, si on avait juste un souhait pour 2009, c’est que Charly Villeneuve vienne mettre une petite branlée sur le terrain médiatique à Aulas. Ce serait déjà ça de pris.
Parce que soyons honnêtes, on sait quand même un peu que cela ne suffira pas. Pour Bordeaux, Marseille ou Paris, le vrai problème reste Lyon. Sur une jambe, avec une Benzema dépendance, avec l’adaptation lente au coaching de Puel, Lyon reste leader. Et même si l’OL peut traverser une période de turbulences au mois de janvier, comme l’année dernière, on se fait peu d’illusions. Et on s’attend déjà, au mois de mai, à voir Aulas brandir son sourire de ouineur, ses yeux de lémurien et huit doigts tendus.
Championnats européens :
Après s’être tapé le vivifiant « Canal Football Club », ainsi que le « Margotton Dugarry
ultra brite commentateur show », le Kolbien aime bien terminer son marathon dominical par l’EDD, la messe européenne. Dans ce gigantesque fourre tout qui semble avoir oublié que le football se joue aussi avec des petites équipes dans chaque championnat, on a envie de voir du neuf. Normal me direz vous, on est en 2009. Prenons par exemple le cas de l’Angleterre. On va encore avoir droit à du Big Four sur la plus haute marche du podium. Alors assumons notre penchant liverpuldien. Car aucun autre club ne mérite autant le titre que les Reds version 2009. So Foot l’a compris avec son numéro de décembre, KOLB l’a également compris, en dépêchant l’un de ses envoyés spéciaux sur place. Au-delà de l’effet porte bonheur, comptons sur Benitez et ses
muchachos pour aller botter le cul de Manchester et Chelsea. Parce qu’il est écrit quelque part que le sport espagnol doit tout rafler. Donc le titre sera pour Liverpool.
L’Espagne justement. Que dire ? Le Barça fonce vers le titre, les autres vont sucer les citrons de la sangria. Toutefois, pour l’amateur de foot lambda, souhaitons que le Barça maintienne son très haut niveau de jeu tout au long de l’année, que l’on puisse se gargariser pendant des lustres sur l’équipe de Guardiola. Histoire que l’on ait de belles choses à raconter à nos petits enfants dans quelques années. On pourra même dire que l’on aura vu un français réussir au Nou Camp. Car force est de constater que Thierry Henry s’épanouit de façon surprenante dans la constellation catalane.
Côté transalpin, en attendant le probable assassinat de Sébastien Frey par une horde de Roumains vengeurs, il faudra

également guetter un improbable retour sur le leader actuel de la Serie A, l’Inter Milan. Malgré les frasques des uns et des autres, l’équipe à Mourinho tient bon la barre. Une sacrée performance quand on sait qu’Adriano arrive à l’entrainement bourré et avec un slip sur la tête, que Dacourt se plaint de ne pas jouer, et que les recruteurs milanais se déplacent jusqu’à Toulouse. Pour le reste, on attend avec impatience le premier match de Beckham, la confirmation de Menez, les nouveaux exploits de Del Piero et un nouveau scandale de plus au sein du Calcio. Car il faut bien l’avouer, une année de Serie A n’est réussie que quand une bonne affaire bien louche éclate. Et si on découvrait que la Camorra est mêlée au Napoli ? Non, franchement, ça serait incroyable…
Pêle mêle, nous allons guetter les premiers pas d’Olivier Sorlin au PAOK Salonique ( en vrai, on s'en fout mais c'est pour faire genre on suit les petits championnats ), les nouveaux déboulés et les futures blagues de Ribéry (chiche d’éteindre les projecteurs du stade pendant un match ?), le nouveau titre d’un club de Glasgow, la suite de la D2 roumaine, le faux départ de Vagner Love vers un club de l’Ouest, et le championnat tchèque. Pourquoi ? Parce que la République Tchèque prend la relève de la France à la présidence de l’Union Européenne. Donc ce sera une sorte d’hommage en fait. Et puis entre l’AJ Auxerre et le Sigma Olomouc, le fan du foot français n’y verra que du feu.
Coupes d'Europe :
Du côté des joutes europénnes, on en est surtout à espérer un changement radical dans l'ordre qui s'est bien établi depuis plusieurs saisons déjà. A savoir, la C1 pour les gros lards et des miettes (la C3) pour les nécessiteux. C'est vrai quoi, on aimerait bien échapper à l'affligeant spectacle de richissimes Anglais s'empiffrant et raflant jusqu'à trois places dans le dernier carré. Là encore, on ne demande pas la lune. Famagouste a manqué les huitièmes de très peu et on se doute bien que le Panathinaikos et l'OL perdront bien vite leurs semblants d'illusions. En revanche, le retour de la Juve et du Bayern pourrait bien faire souffler un vent de fraîcheur sur le tableau final. Puis, tant qu'à faire, la participation à la finale d'équipes comme le Barca, la Roma ou Arsenal, ça serait pas de refus. Histoire de nous éviter une purge comme celle de la dernière finale. Bref, du neuf avec du vieux, mais du changement avant tout.
Yes we can !
En C3, on en viendrait presque à souhaiter l'inverse. Voir cette coupe d'Europe historiquement prestigieuse réduite au rang de simple faire-valoir, voire de lot de consolation, c'est quand même assez triste. Et ça fait mal à nos petits coeurs de vieux cons nostalgiques. Il serait donc souhaitable, pour la beauté de la compétition de voir les quelques "gros" membres du G14 se sortir les doigts d'où l'on pense. Car il y en a, au stade des seizièmes, et on peut aussi ajouter les anciens vainqueurs de coupes d'Europe aux budgets conséquents. Milan, Fiorentina, Sampdoria, Valence, Tottenham, Manchester City, Ajax, Hambourg, Stuttgart, excusez du peu ! De quoi se faire des belles soirées européennes à l'ancienne. Ou alors, on croise au moins les doigts pour pouvoir pousser un cocorico libérateur au moment du
money-time. Car voilà une compétition dans laquelle il reste un peu de suspens et où les seconds couteaux peuvent nourrir les rêves les plus fous. On l'a vu dans la plupart des éditions depuis la disparition de la regrettée Coupe des Coupes. L'alors improbable FC Séville, les Russes du CSKA Moscou et du Zenith, Feyenoord, Porto, le Celtic et Dortmund en finale, et on en passe... Alors on le dit et on le répète, pourquoi pas les représentants de notre L1 Moustache ? Surtout qu'à l'heure de démarrer les seizièmes, la France aligne, l'OL et l'ASM mis à part, ses plus beaux palmarès et/ou parcours en coupe d'Europe. Et, comme on le disait ci-dessus, ces derniers sont bien partis en championnat et semblent pouvoir faire jeu égal avec les autres équipes en lice. La premiere partie de saison européenne de Bordeaux, Marseille et Paris (qui a tenu la dragée haute aux Emirs de Manchester City)confirme encore ce sentiment. On est donc en droit de raisonnablement y croire. A condition de jouer le coup sérieusement et de ne pas aligner l'équipe B afin de reposer les joueurs pour le championnat. Et se qualifier en Coupe de l'UEFA...