Portugal - Allemagne, paint it Ballack
Écrit par Jo Wilfried Mulao   
 
le 20-06-2008 05:49
Contrairement à la rumeur, la Roumanie ne gagnera pas l’Euro. C’est triste, on ne compte plus les suicides de caravanes et de lave glaces, mais c’est pas la fin du monde non plus. D’autant que la soirée nous offrait une affiche prometteuse, une belle opposition de styles comme ils disaient dans le temps à Stade 2, entre le Portugal et l’Allemagne. Deux équipes entre l’enthousiasmant et l’insupportable, parfaites donc pour permettre à KOLB de retourner sa veste.

BallackSchweni, vidi, vici

Cet Euro qui n’aura jamais vraiment démarré du côté français entrait donc ce soir dans sa phase finale. Avec un premier gros quart, entre des Portugais progressant à chaque compétition internationale (en tout cas, c’est-ce qu’a essayé de nous démontrer Larqué dans une interminable explication) et des Allemands qui ne sont jamais aussi dangereux que lorsque ils sont mauvais. Ce premier quart de finale, c’était aussi l’occasion d’un duel entre les deux mal aimés du football européen, Cristiano Ronaldo et Michael Ballack. Deux belles têtes de cons, individualistes à l’ego sur gonflé, capables de tout faire foirer pour s’accaparer le moindre petit succès collectif. Après leur duel en finale de la Ligue des Champions, c’était donc limpide, la revanche de Ballack allait sonner.

Dès l’avant match, le ton était donné, l’heure était au mauvais goût, les Allemands allaient donc être favorisés. On a donc eu droit à la pelouse patchwork digne des pires heures monégasques, à la reprise techno de Seven Nation Army et au tifo nationaliste. Un grand drapeau allemand déployé en Suisse, les racistes de plus de soixante dix ans ont du en faire pipi dans leurs couches. Larqué lui, alors qu’il est grassement payé pour, annonce qu’il ne prononcera plus le nom de Schweinsteiger. Trop difficile, trop allemand pour Larqué le gaulliste. Comme l’écrivait Aragon dans L’Affiche Rouge :
 
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Après cette intrusion culturelle dans le monde paisible de TF1, le match pouvait commencer. Dès le début de la partie, les Allemands imposent leur rythme. Ils sont moins rapides, mais mieux en place, nettement plus sereins. Malgré l’absence encombrante de Frings, le milieu allemand étouffe les velléités portugaises d’accélérer le jeu. On sent toutefois que la défense allemande un brin lourdaude et un Lehmann de près de quarante balais ( comme quoi il ne faut pas croire qu’on soit débarrassé de Greg Coupet et de ses mèches blondes ) est capable de relancer le match à tout instant. Le match entre ainsi dans un faux rythme, permettant à Arsène Wenger de placer quelques phrases creuses dont il a le secret et à Kiki Jeanpierre entre deux fellations sur Ronaldo de placer ses dernières infos transferts péchées sur Foot mercato. Pas de doute, ce type là en sait beaucoup trop pour pouvoir parler.

Évidemment, avec un tel faux rythme, les Allemands en profitent. A la suite d’une superbe combinaison collective, Podolski déboule sur le flanc gauche et adresse une merveille de centre à Schweinsteger qui fête ainsi sa magnifique teinture blond platine, que plus personne n’ose depuis Steevy du Loft. Dans la foulée ou presque, la défense portugaise rend hommage aux placements tactiques des Bleus sur coup de pied arrêté et laisse Klose marquer le deuxième but. En deux actions, de l’Allemagne joueuse à l’Allemagne opportuniste, ces minutes nous offrent le vrai visage de la sélection allemande actuelle. Et preuve que tout change même chez les Allemands, ceux-ci deviennent fébriles avec deux buts d’avance. Et se mettent à baisser de pied, laissant des espaces à Ronaldo et permettant sur une des frappes ratées du joueur aux cheveux gras à Nuno Gomes de réduire l’écart. Oui l’écart et pas le score, comme nous l’a si finement expliqué Larqué. Qui a dit que TF1 ne laissait pas de place à la culture ?


Kulturkampf

LowLa mi-temps permet aux commentateurs de TF1 de refaire le match et de fournir de savoureuses perspectives tactiques. Si on n’en sait ainsi pas plus sur le placement du milieu allemand, on aura au moins appris que la pièce que jette l’arbitre a une face jaune et une face bleue. Passionnant.

Le premier quart d’heure de la deuxième mi-temps fait craindre pour les Allemands. Plus lents et moins décidés que les Portugais, ils subissent dangereusement. Ils s’en sortent à l’ancienne, multipliant les fautes vicieuses pour couper les accélérations portugaises. Les Portugais eux, ratent l’immanquable par Pepe et une tête à bout portant sur un corner. C’est connu, ratez des occasions contre les Allemands et vous finirez cocus. Ce qui ne manque pas d’arriver à la 61ème minute, les Portugais permettant à la Mannschaft, pourtant réduite à dix sur la blessure de Klose, d’aggraver le score par Ballack. Un Ballack, qui comme Podolski signait là le retour des joueurs décriés toute l’année et brillants au bon moment. Suite à cet oubli coupable des Portugais en défense, le match est plié. A l’exception notable de Deco, les Portugais se contentent de chercher des solutions individuelles, avec l’insupportable trio Ronaldo, Simao et Nani.

Larqué, aigri du bon pronostic de Wenger, se lance alors dans une propagande pro-Chelsea et fait bien comprendre à Arsène qu’il risque de voir les trophées anglais lui passer sous le nez la saison prochaine. Personne n’y croit plus du côté des Portugais, même après la réduction de l’écart (merci Jean-Mimi ) par l'improbable Helder Postiga. Les Allemands peuvent exulter, à l’image d’un Joachim Löw, clope au bec en tribunes VIP et tranquillement attablé devant une table remplie de verres. De quoi trinquer, comme nous à KOLB, car nous l’avions prédit, Ronaldo s’est encore planté dans un grand match et le Ballon d’Or peut encore lui échapper. Wunderbar !

Publié dans : Actu Foot, - Euro 2008
Tags : Actu Foot, - Euro 2008, Portugal - Allemagne, paint it Ballack, euro, bayern, portugal, roumanie, euro 2008, klose

Commentaires utilisateurs (6) Fil RSS des commentaires
Posté le Beckhamescu, le 20-06-2008 09:20,
1. ?
Bon article, comme d'hab, mais comment t'as fait pour le finir alors que le match, lui, n'était pas terminé ? 
On m'aurait caché des trucs ?
 

Posté le Zenden2A, le 20-06-2008 11:56,
2. Joli
Très bon article, j'adore le titre !
 

Posté le Yul Brynner, le 20-06-2008 15:52,
3. .
la faute de ballack sur le but est étrangement passé sous silence, je cris au complot
 

Posté le Xavier GRAVESEN, le 20-06-2008 17:22,
4. Les doigts dans le nez
Faut aussi dire que Le coach allemand il se bouffe les crottes de nez. 
Ouai c'est super pueril mais j'entend a ce que les gens qui rédigent, aillent au bout des choses. 
Fussent-il pour mangage de crottes de nez.
 

Posté le Sacha Témouillé, le 20-06-2008 17:29,
5. ...
Ouaip, bel article Mulao, comme d'hab.  
 
N'empêche que mettre les noms Schweinsteger et Steevy dans la même phrase, fallait le faire.
 

Posté le steph Hantastic, le 20-06-2008 18:40,
6. never mind the ballacks
Au dela du grand match d'hier soir, l'autre grosse performance de la soirée est à créditer à la Mule pour cette rédaction ultra rapide, mais réussie. 
 
Ne serait-ce pas cela que l'on appelle le talent ?
 

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