Les cours particuliers ont payé. Samedi en
5 à peine paraissait notre article consacré aux différents types de
frappes de balles que dès le lendemain Cissé marquait d’une superbe
frappe de type non intégrée à la course. Vous aurez sans nul doute
reconnu la préparation courte de type « tac-tac » caractéristique
acoustique d’un tempo appui-frappe très soudain. La frappe non
intégrée courte-accompagnée de c’est du tout cuit « now ».
A
KOLB, parce qu’on n’est pas bégueule et qu’on sait s’entourer des
meilleurs spécialistes en la matière, on ne va pas en rester là. Après la science de
la dichotomie et de ses carrés, passons à la biomécanique et à la
cinétique. Un peu élitiste pour des scientifiques dessinant des
bonhommes bâtons, mais ne faisons pas l’affront à John Wesson de
comparer ses talents artistiques au stade « 4 ans » des dessins
d’enfants. Après tout cet anglais n’est que physicien théoricien des
plasmas, à peine plus diplomé que Philippe Anziani et son BEP Menuiserie. Là où le mauvais goût aurait pu nous entrainer sur les pentes
savonneuses du marché britanniques des revendeurs de Jokari, je préfere
m’abstenir et rester concentré sur le sujet qui nous inquiète
aujourd’hui... « Inquiète » étant réellement le mot approprié.
La science du football
The
Sciences Of Football est un mauvais livre qui aspire au moins à la même
renommé que le Manuel des Castors Juniors mais qui a eu l’insidieuse
idée de se parer du mot magique : science. Vaste et fastidieux programme que la
science du football. Heureusement, un chapitre
nous permettra encore une fois de nous perfectionner dans l’art de la
pénétration indirecte de l’objet footballistique de désir (je parle des
filets là). Si dans un premier temps une description encyclopédique et
rébarbative du pourquoi du comment de ce que c’est qu’on sait plus
pourquoi on lit ces feuilles noircies à l’encre nous est amicalement
proposé, on peut tout de même se targuer par la suite de
dire « et bah si avec ça j’les impressionne pas les collègues… ». Votre
intérêt renouvelé je peux enfin vous révéler ces secrets de la science
qui changeront à jamais votre regard sur le tir au pigeon.
Force, puissance, mécanique : recette de précision pour grosse cylindrée
Découpez
votre membre en 3 parties. Membre inférieur cela va sans dire. Obtenez
3 segments Cuisse-Tibia-Pied. Reliez le tout par les 2 pivots que sont
la hanche et le genou. Pour une frappe puissante, tendez au maximum ces
segments vers le plan postérieur. Ramenez alors violemment la cuisse
vers l’avant en fixant le pivot hanche. Toi Tarzan, moi Jane. La partie
inférieure de la cuisse effectue alors une ample rotation dans le plan sagittal. Le pivot genou exerçant une force centripète sur la partie
supérieur du segment tibia, la force centrifuge permettra une grande
vitesse de rotation de la partie inférieure du segment tibia, et donc du
pied à son extrémité.
Featuring Bibi
« Si l’interaction du
pied avec le ballon était parfaitement élastique, sans perte d’énergie
par frottement, la vitesse communiqué au ballon découlerait simplement
des deux lois de conservation ». Tout simplement. Il parle de
conservation d’énergie et de conservation du moment cinétique, ou
moment angulaire, cela va sans dire. Tout doucement. « si de plus on
considère que la masse du ballon est négligeable par rapport à la masse
effective de la jambe, la vitesse du pied resterait inchangée après le
choc ». Et bien dans ce cas là le ballon se verrait imprimer une
vitesse égale au double de la vitesse de rotation… Sauf que «
et si… et si…», et bien non, ce n'est pas comme ça que ça ce passe. En réalité, la jambe et le pied
sont ralentis à l’impact, ce qui réduit la vitesse du ballon. De plus
des pertes supplémentaires interviennent aussi par frottements dues à la
déformation du ballon. Heureusement
« on peut tenir compte de cette diminution à l’aide d’un coefficient de
restitution analogue à celui du rebond ». La c’est pas vraiment d’la
solitude mais c'est la certitude d'un sentiment indépendant de son
attitude : il fait chier le John. Tout ça pour balancer à la fin que le
pied est animé d’une vitesse égale aux trois-quarts de la vitesse
communiqué au référentiel : anatomo-physiolo-mécanico-acapulco
cinétiquement limité, pour une frappe puissante la vitesse du pied
dépasserait les 80 kilomètres par heures. Envie de changer
l’atmosphère, l’attitude ? Merci qui ? Merci Bibi. Tout Simplement.
Parce
qu’avec John Wesson on continue (encore et encore). Nous n’avions
envisagé là qu’une frappe rectiligne. Notre briton en revanche, il
pense sérieusement qu’un jour, une p’tite frappe enroulée, ça pourrait
lui servir au Djibril et nous avec. Un cas de force majeur, le dernier
recours, sait-on jamais…
Coup de pied rotatif dans ta face
Alors
c’est reparti pour les litanies soporifiques tous droits sortis du
p’tit Robert, pour bien présenter le sujet d’étude avant de daigner
donner du concret. Exemple. « Pour que le ballon suive une trajectoire
incurvée, comme illustré dans la figure 2.5, il est nécessaire de
donner un effet à la balle au moment de la frappe ». Stop ! Ne cherchez
pas, le schéma est dans le livre. Et on reprend « en vue de dessus, une
rotation dans le sens des aiguilles d’une montre dévie le ballon vers
la droite, tandis qu’une rotation en sens inverse… ». La
rotation du ballon sur lui-même modifie l’écoulement de l’air autour de
la balle et l’asymétrie résultante produit une force qui dévie sa
trajectoire. Et pis c’est tout. Pour donner un effet à son ballon il
suffira de lui appliquer un impact oblique au regard de la direction
voulu du ballon, couplé à une décentration du point d’impact. Pour
donner un effet miné à son ballon il suffira de lui appliquer du rouge
à lèvre… Le ballon déviera alors de la ligne droite théorique pour
aboutir à sa cible. Encore faut-il donner le bon degré de rotation et
le bon degré de direction au ballon. Une petite fraction de l’énergie
communiquée au référentiel est requise pour produire une rotation.
Ainsi 1% de l’énergie d’un ballon allant à 80 km/h, appliqué à sa
rotation, représentera un rythme de 4 tours du ballon sur lui-même, par
seconde ! Incroyable non ? Mais comment ça on s'en fout ?
Une chance au grattage, une chance au tirage
Pour ce
qui est de la direction donnée par un coup de pied, la précision se
mesure par l’angle que fait la direction du coup avec la direction
souhaitée. Et là c’est le drame pour notre buteur : le tir comporte
deux sources d’imprécision. Une direction erronée de la force
appliquée et un mauvais positionnement du point d’application. Alors
qu’on les sait tous, les super nike en plastoc, ça ripe, forcément.
Pour placer un ballon au bon endroit à une distance de 11 mètres
(distance d’un pénalty), il y a une marge de 5 degrés dans la direction
donnée à la balle. 5 degrés soit un demi pression au bar du coin ou
encore la température annuelle moyenne de Valenciennes, en Sibérie.
Heureusement la précision requise pour la direction du coup de pied est
moindre pour deux raisons. « Premièrement la balle rebondit du pied vers
l’avant à une vitesse supérieure à celle du pied, d’un facteur qui
dépend du coéfficient de restitution ; deuxièmement une partie de
l’énergie fournie par le coup de pied mal dirigé se transforme en
rotation du ballon sur lui-même plutôt qu’en vitesse latérale ». Bonne
nouvelle pour l’idole des jeunes, pour une précision de 5° dans la
direction de la balle, ces deux effets se combinent. Bilan des courses
: la précision exigée sur la direction est augmenté à 15°. Deuxième
démarque ! C’est le double effet qui se troue. Pour finir je ne vous
ferais pas l’affront d’écrire que le coté du pied étant plat, l’erreur
de positionnement du pied sur le ballon est virtuellement éliminée, ni
même qu’un tir lent du plat du pied est plus précis qu’un tir rapide de
la pointasse....
Ce qu'on peut retenir de cette chianlit la plus complète c'est qu'en fait une balle frappée un peu de côté tourne sur elle même et qu'elle fait donc un effet et qu'un pied qui touche un ballon au milieu le fait avancer tout droit... Merci John, merci beaucoup.
En fait, l'article est aussi déluré que John est casse couille. Pour changer une ampoule le type il doit mettre deux ans. Mais qu'il est con... En tout cas c'est sympa quand même, ça nous apprend des choses... Des choses qu'on aurait pu dire en deux mots alors que lui il en fait un bouquin.
Posté le #7, le 16-04-2008 16:19,
2. Simply the simpliest
simple comme bonjour le football, n'est-il pas?
Vive les théoriciens du ballon ronds, vive La "palette +" a doudouce...
Posté le Bernard Metro, le 18-04-2008 03:15,
3. John B
Un nouvel article de qualité de Jean Luc, c'est très positif !
- Foot & Médias Le coin des révélations et des scoops qui font trembler le pouvoir. Parce que les liaisons entre foot et médias sont forcément dangereuses.
- Analyses de jeu Le beau jeu (ou pas) ! Du Joël Muller expliqué à ma fille au Coco Suaudeau pour les nuls, ça 'nalyse dur et à tous les étages. Toujours à fond dans la craie, KOLB se met en mode mainstream pour tous les Elliott Grandin du web et décode à la Salim Arrache les parties en crypté avec sa palette en bois et son armada d’experts en carton.
- Hors cadre A la manière du dernier centre de Laurent Bonnart, Hors Cadre se
propose d'aller fouiner dans les tribunes, et même derrière, quitte à
conjuguer le monde du ballon rond au plus-qu'à côté. Du coup, c'est
tout le folklore du foot qu'on dépiaute ! D’objets pas si insolites en
crimes capillaires, de mystiques en toc aux faunes des stades, KOLB va
jusqu'à pousser la porte verte du Campanil de Paray-le-Monial, là où on
tourne au portable de drôles de safaris d'après-matchs...
- Hommages Odes à un stade, un club et sa ville, ou à un joueur plus ou moins
mort... Ici, on dépose les larmes et on vibre d'un lyrisme exacerbé pour
l'infiniment génial. Jean-Claude Brialy aurait adoré cette rubrique.